
Bonjour à tous !! Nous sommes heureux de vous retrouver !Un grand merci à tous ceux qui ont suivi notre périple et notamment à Myriame qui a pris soin de nos cheveux dès notre retour !

Bonjour à tous !! Nous sommes heureux de vous retrouver !
Les quelques jours passés au Mexique sont tout juste suffisants pour savoir qu'il y a... plein de choses à y faire et à découvrir. Nous sommes donc enchantés et, surtout, nous avons envie d'y revenir, sachant que compte tenu de la taille du pays, un voyage à part entière de 3 à 4 semaines se justifie totalement. Ce qui nous a étonnés c'est tout d'abord la modernité du pays en comparaison avec ses voisins d'Amérique Centrale, et notamment le Guatemala où nous avons passé 3 semaines. Il n'est qu'à voir l'organisation du système d'autocars pour se rendre compte de la distance séparant ces deux pays.
Tout en mettant en avant ce modernisme, le Mexique sait aussi mettre en valeur son Histoire riche et passionnante. Qu'il s'agisse de ses très beaux musées, de ses sites Aztèques, Mayas, Toltèques, etc..., ou encore de ses bâtiments hispaniques, il y a beaucoup à découvrir dans ce pays qui tente de souligner sa culture si spécifique : celle d'un métissage entre Indiens et Espagnols voire d'autres cultures.
Les sites à ne pas louper pour un touriste (classés par ordre chronologique) : 

Céline et Kim
Ce 100ème post est un peu spécial : hormis l'anniversaire du n°100, c'est aussi notre dernière étape avant le retour en Métropole, après 11 mois de pérégrinations et un peu plus de 4500 visites sur le blog depuis la mise en place du compteur le 6 avril 2007. Merci pour votre fidélité en espérant avoir pu partager notre aventure avec vous.
Merci au soutien de nos familles et amis, ainsi qu'aux personnes rencontrées durant notre voyage.
Concernant le Mexique, après un bref passage à Cancun, ville dédiée au Dieu Tourisme et décidément trop bétonnée, nous nous envolons vers Mexico, dernière ville étape de notre périple. Déjà !!... La descente sur Mexico City nous effraie un peu. Non pas à cause de la perspective du retour mais en raison de la pollution environnante.
Peu à peu, les volcans et les montagnes disparaissent dans un épais smog jaunâtre.
Et dire que nous devons rester là quatre jours… Ce n’est vraiment pas possible de remonter et de se poser un peu plus loin ?... S’il vous plaît ??!! Mais non, notre avion parvient miraculeusement à trouver la piste d’atterrissage et nous dépose sur le tarmac. Nous sommes presque étonnés de voir un bout de ciel bleu et de ne pas nous mettre à tousser frénétiquement une fois au sol. 
Pris dans le flot de véhicules, nous observons les rues peuplées de passants et de vendeurs ambulants. Qui plus est, nous sommes un jour de manifestations. Manifestations pour quoi, nous ne le saurons jamais. Quoi qu’il en soit ce ne sera pas la seule que nous croiserons ou dont nous entendrons parler durant notre séjour, la plus marquante étant sans nul doute celle de paysans du Chiapas défilant nus avec l’effigie d’un homme politique les ayant dépossédés de leurs terres en guise de cache-sexe.
Impossible donc pour notre chauffeur de nous déposer à destination. Nous prenons donc notre courage à deux mains (en même temps, nous n’avons guère le choix) et partons affronter la foule dense afin de finir notre parcours. Difficile de se frayer un chemin avec nos bagages. Surtout que les décorations de Noël et la patinoire à ciel ouvert (une grande première à Mexico) sont en phase de finalisation d’installation et attirent les curieux.
L’inauguration officielle doit même avoir lieu le lendemain avec un joli feu d’artifice.
Comme c’est étonnant de voir toutes ces guirlandes et lumières colorées qui ne demandent qu’à s’allumer. Et les chants de Noël ! Et les sapins ! Et les effigies du Père Noël ! Sous 25 degrés au soleil, c’est un peu déconcertant. Ce qui surprend aussi c’est bien la présence policière. A croire que la moitié de la population travaille pour le Ministère de l’Intérieur.
On se demande bien si tout cela est nécessaire.
Ce qui frappe avant tout à Mexico, c’est le monde et le bruit. Plus précisément les cris des vendeurs ambulants qui proposent de tout. Reste que nous sommes surtout intéressés par les tortillas garnies de viande, de tomates, d’avocats, de pommes de terres et de sauce piquante ; ou encore par les délicieux jus de fruits frais.
Il est vrai que l’armée de scientologues en pleine phase de recrutement dans un parc de la ville ne nous attire guère même si leur présence ainsi que celle de leurs machines à tester le stress ont de quoi surprendre. 
Il y a tant à faire et à voir ! Il faut dire que son histoire est étonnante. Fondée par les Aztèques, la ville se trouvait initialement au beau milieu d’un lac entouré par les volcans et des jardins flottants. D’imposants temples dédiés aux Dieux de la pluie et du feu trônaient en son centre.
Des routes orientées en direction des quatre points cardinaux permettaient de rejoindre les rives.
Mais le malheur a voulu que les Conquistadores découvrent cette cité colorée et cosmopolite, et décident de la détruire avant d’assécher, peu à peu, le lac. S’il est vrai que les bâtiments hispaniques ne manquent pas de charme, on ne peut que regretter de ne pas avoir l'occasion d'admirer les splendeurs passées.
Il reste tout de même possible de voir quelques vestiges d’antan, notamment à une cinquantaine de km de Mexico avec le site de Teotihuacan.
Ancienne cité dédiée aux Dieux, elle étonne par ses fameuses pyramides de la Lune et du Soleil.
On ne peut être que troublé par ces constructions datant de plus de 1000 ans avant JC et qui imitent à la quasi perfection le relief des montagnes environnantes.
Non loin de là nous découvrons aussi des cactus aux propriétés insoupçonnées. S’ils peuvent permettre de produire la fameuse Tequila, ce qui n’est déjà pas si mal, ce n’est pas tout. Il est aussi possible de se servir de leurs fibres comme papier ou encore fil, avec aiguille intégrée s’il vous plaît, puisque la pointe des feuilles de cactus peut faire office de kit de couture.
Même plus la peine de passer le fil dans le chat de l’aiguille !
Indéniablement, Mexico est une ville solidement ancrée dans son époque, le charme et la chaleur de l’Amérique centrale en prime.
De quoi donner envie de revenir car quatre jours ne suffisent finalement pas à en faire le tour. Un peu comme le Monde en une année…

Notre première prise de contact avec le Mexique est inattendue car c’est bien la fatigue et la lassitude de notre dernier voyage en bus qui nous conduisent à passer deux nuits dans la capitale du Quintana Roo. En effet, le Mexique est bien un état fédéral et notre carte d’entrée dans le pays mentionne même les « Etats-Unis du Mexique ».
Chetumal est une ville de bord de mer aux petites maisons colorées et basses. Sa rue principale est bien semblable à celles que nous pourrions trouver chez nous puisqu’il s’agit de la rue dédiée au shopping. Les magasins de vêtements, qui arborent tous fièrement leurs décorations de Noël (comme chez nous il y a de la neige carbonique sur les vitres !), se succèdent les uns aux autres.
A notre arrivée, nous trouvons cependant ce lieu bien calme pour un samedi après-midi. Mais que se passe-t-il donc pour qu’il n’y ait personne dans les rues ? Et bien c’est tout simplement que l’horaire espagnol y est poussé à l’extrême : les magasins ferment entre 13h et 18h !
La vie reprend donc à la nuit tombée avec l’ouverture des magasins ambulants de churros, de chips maison et de hots-dogs dont les saucisses sont enroulées dans du lard. Nous avons cependant quelques difficultés à trouver un restaurant où dîner.
Est-ce à dire que les Mexicains mangent habituellement peu au restaurant ?
Suivant les conseils du charmant staff de notre petit hôtel, nous nous rendons à une petite adresse où nous nous régalons de plats typiquement locaux que nous n’avons jamais trouvé dans le moindre restaurant mexicain de France.
Certes il y a deux délicieux burritos de poulet et de bœuf très parfumés en entrée, mais aussi du porc mijoté dans une sauce à base de tomate légèrement épicée avec légumes et grains de maïs éclatés comme du pop-corn, et un poivron vert farci au boeuf et au fromage pour le plat de résistance. Les tortillas sont aussi bien meilleures côté mexicain qu’au Guatemala, car plus parfumées et moins compactes.
Un délice, surtout que le service est vraiment des plus sympathiques.
Le dimanche soir, le bord de mer s’anime un peu avec des stands destinés aux petits et aux grands. Voitures électriques à piloter sur la place et ateliers de peinture pour les plus petits, jeux d’arcade et échoppes de marchands pour les plus grands.
Le stand qui nous étonne le plus est sans aucun doute celui des tableaux où la vendeuse a placé, les uns à côté des autres et sans contradiction apparente, un portrait de Jésus, celui d’une chanteuse sexy légèrement vêtue, celui d’une star de manga japonais et celui de Bob Marley.
Nous quittons cette charmante ville authentique en bus, comme à notre habitude.
Mais là nous comprenons vite que nous sommes passés dans un autre univers. La gare routière nous surprend tout d’abord par son modernisme avec son système de vente des billets informatisés (cela nous change des contrôleurs à qui il faut payer en chemin), ses salles d’attentes différenciées pour la première et la seconde classe (il s’agit en fait de bus différents selon le prix et non de classes à l’intérieur d’un même véhicule) et son système de marquage des bagages qui évite que n’importe qui puisse partir avec.
Et les bus !! Le bus de première classe, à peine plus cher que celui de seconde, est bien sur climatisé. Super confortable (plus qu’en Australie !) il est équipé de plusieurs écrans plats afin de pouvoir regarder des films durant le trajet. Le port de la ceinture de sécurité est naturellement de mise et est expliqué aux enfants par un drôle de petit film qui donne même envie de la porter !
De surcroît les routes sont bonnes, alors que demander de plus ?
Pour atteindre Tulum nous roulons essentiellement à travers la forêt mais la pauvreté de certains villages traversés nous saute néanmoins aux yeux. Les petites maisons n’y ont notamment, pour la plupart, pas de toits en dur. Cela nous surprend.
Ceci nous sera d’ailleurs confirmé par un chauffeur de taxi qui nous explique que 60% de la population mexicaine est pauvre, ce qui représente environ 60 millions d’habitants. Tulum est une ville touristique et cela se ressent dès que nous grimpons dans le taxi : les prix sont le quadruple de ceux de Chetumal pour une course identique, et pas de possibilité de négocier.
Si elle est touristique, c’est certes pour sa jolie plage aux eaux turquoises mais aussi pour son étonnant temple maya qui domine la mer.
Très différent de Tikal qui lui est bien antérieur, ce site est vraiment très agréable à visiter. C’est en tout cas bien la première fois que nous croisons des visiteurs en maillot de bain, la plage étant juste à côté. Notre case de bord de mer est plutôt rustique. Lumière entre 18h30 et 19h30 seulement, mais en fait la nôtre ne fonctionne pas.
Pas de fenêtre donc et pénombre perpétuelle. Pas de quoi poser ses affaires, pas même un clou pour accrocher ses vêtements. Juste un lit balancelle suspendu à deux poutres. Ca change du lit précédent dont le matelas dépassait du sommier. Nous nous retrouvons un peu dans la peau d’un nourrisson à nous endormir en nous balançant.
Et avec le bruit des vagues juste à côté, le bercement est le plus complet.

# 98 – GUATEMALA : CONCLUSION
Premier pays d’Amérique Centrale que nous visitons, le Guatemala est assurément une destination de choix pour découvrir cette région et sa population, le tourisme n’étant pas encore de masse.
Les sites à ne pas louper pour un touriste (classés par ordre chronologique) :
Transport : C’est indéniablement le plus gros problème au Guatemala. Tout d’abord les routes sont peu nombreuses et en assez mauvais état ; les trajets sont donc longs et fatigants. Ensuite, les lignes de bus publiques (notamment les « chicken bus ») ne sont pas très développées en ce qui concerne les longs parcours. De nombreux changements sont donc souvent nécessaires pour rejoindre une ville située à une centaine de kilomètres seulement. Patience et courage sont donc les maîtres-mots. Pour certaines liaisons, il est possible de prendre des bus Pullman qui peuvent contraindre à passer par la capitale. Plus chers, ils ne garantissent cependant pas de place assise lorsqu’on achète le billet. Enfin, il existe des systèmes de minibus destinés aux touristes et qui permettent de rallier certaines villes du pays, mais les tarifs sont alors assez prohibitifs, s’élevant à plusieurs dizaines de USD pour un trajet. En fait, il est important de faire le tour des agences de voyages lorsqu’on achète un billet de bus, les prix pouvant varier du simple au quadruple ! A noter que c’est le premier pays où nous notons de tels écarts. A titre d’exemple le trajet Panajachel-Rio Dulce peut être proposé à 17 USD tout comme à 67 USD. Peut-être la prestation diffère-t-elle légèrement, mais il est peu probable qu’un tel écart soit réellement justifié. En conclusion, il faut faire jouer la concurrence et ne surtout pas prendre pour argent comptant les discours bien rodés des agences pour expliquer leurs tarifs.
Insécurité : Plusieurs personnes, touristes de passage ou étrangers vivant sur place, nous ont dit que le Guatemala est le deuxième pays le plus dangereux de la zone, après Haiti. Il faut relativiser cette information car nous n’avons personnellement à déplorer aucun incident. Si insécurité il y a, elle ne se voit qu’à travers l’existence de barbelés au-dessus de certains murs et de gardes postés devant les banques, certains restaurants ou boutiques. Sur la route, il y a apparemment quelques vols et les touristes ne semblent pas particulièrement visés. En conclusion, le Guatemala est un beau pays qu’il serait dommage de ne pas visiter ; il revient à chacun de rester prudent et vigilant.
Logement : On peut trouver des logements très corrects pour des prix, en général, tout aussi corrects. Dans l’ensemble les tarifs proposés restent cependant supérieurs à ceux de la zone asiatique. On a ainsi pour un prix un peu supérieur une salle de bain commune. Pour ce qui est des douches en tant que telles, elles sont rarement satisfaisantes ; soit l’eau ne coule pas vraiment, soit le curieux système de chauffage placé directement au-dessus du pommeau ne fonctionne pas très bien. Armez-vous donc de courage dans certain cas…
Restaurant : Dans l’ensemble la cuisine est proche de celle du Mexique (nous constaterons par la suite qu’elle est cependant un peu moins fine) et l’on retrouve largement les tortillas, le guacamole, les burritos, les nachos, etc… Le ceviche péruvien (poisson ou crevettes marinés dans le jus de citron et accompagnés de tomates et d’oignons) se consomme également largement. La viande grillée (à la plancha) est aussi très commune, qu’il s’agisse de poulet ou de bœuf, de même que le poisson. Enfin, les œufs et les haricots rouges sont incontournables dans la région. C’est donc une cuisine plutôt variée et qui permet de se régaler, surtout lorsqu’on l’accompagne de vin chilien !
Langues : Changement de programme ! Nous sommes passés à l’Espagnol (El Castillano pour être précis) qui est parlé par tout le monde, même si 22 dialectes locaux subsistent. A noter que peu de gens finalement parlent l’Anglais.
Modes de paiement : Il est possible de trouver des distributeurs de billets dans les villes touristiques, mais les dépenses se font plutôt en cash.
Bagages & lessive : Les bagages à roulettes ne sont pas toujours une bonne option sur les pavés des rues coloniales mais il est tout de même possible de s’en sortir ! A noter qu’il est fréquent qu’ils soient placés sur le toit des véhicules durant les transports. Pour ce qui est de la lessive, il est toujours facile de donner son linge à la « lavanderia », et ce pour un prix très raisonnable.
Notre prochaine étape : dernier pays (et oui, déjà) de notre périple, le Mexique.

Après avoir sauté de notre bateau et couru en pensant que nous allions le rater, nous attrapons finalement notre bus pour Flores. Surprises. Il n’a que 15 minutes de retard. Mais il est aussi quasiment plein et Kim passe à peu près la moitié du voyage (soit 2 heures) debout, comme une bonne douzaine d’autres personnes, ce qui n’est pas toujours aisé avec la route en lacets et la conduite sportive de notre chauffeur.
C’est encore un concept du futur. Assurément.
En milieu d’après-midi nous parvenons dans le parc naturel de Tikal où nous allons découvrir notre premier site maya. Non, pas l’abeille. Et si vous avez suivi les dessins animés des années 80, vous vous souvenez sans doute d’Esteban, Zia, Tao et des cités d’or. Et là vous vous mettez à chanter :
Espérons qu’il s’agissait bien des Mayas et non des Aztèques ou des Incas !! Quoi qu’il en soit, nous nous sentons vite dans la peau des ces aventuriers…
En effet, en haut du plus haut des temples (le numéro 4 pour ne pas le nommer), qui culmine à 70 mètres, nous assistons au coucher de soleil. Et là, splendeur. Les pyramides qui dépassent de la forêt tropicale prennent alors une couleur dorée. Magique. Nous faisons d’ailleurs bien d’en profiter car le lever de soleil du lendemain sera tout autre.
En fait nous ne l’avons même pas vu puisque c’est sous des trombes d’eau que le jour se lève. Tout juste le temps d’enfiler nos capes de pluie ! Enfin, c’est vite dit. Plus facile à dire qu’à faire. Des gouttes qui grossissent à vue d’œil. Et c’est une image car on ne voit rien. Une cape de pluie à portée de main mais inutilisable. Un étui protecteur décidément trop protecteur.
Un nœud impossible à desserrer. Kim agite, secoue, tire, tire à nouveau avec plus de force, tant et si bien qu’il finit par déchirer l’étui… Bref, de l’eau, de l’eau, et une épaisse brume dissimulant les alentours. C’est bien la peine de se lever à 4h15 et de crapahuter une bonne demi-heure dans l’obscurité de la forêt !
Mais oui c’est la peine, car comme le disaient les posters de notre enfance (flash back sur les images Sarah Kay, pour celles qui se souviennent) : « Après la pluie vient le beau temps ». Nous parcourons donc une bonne partie du parc sous un ciel plus clément.
Grâce à notre guide, nous découvrons non seulement les bâtiments mayas et leur histoire, mais aussi la faune tropicale : mygales délogées de leurs trous, perroquets verts volant par deux, toucans aux becs jaunes, singes araignées, singes hurleurs (et ils hurlent vraiment), renard gris…
Seul manquait à l’appel le fameux jaguar, pourtant hôte de ces lieux.
Il ne s’agit donc pas de se perdre dans cette nature qui peut s’avérer hostile. C’est ainsi qu’un touriste s’est égaré en s’éloignant de son groupe. Ne parvenant pas à retrouver le chemin, il a décidé de jouer au Petit Poucet avec les pages de son guide de voyage. Le lendemain matin les gardes du parc n’ont plus eu qu’à suivre les pages pour le retrouver ! Comme quoi les contes pour enfants, cela peut toujours servir.
Après une journée à Tikal, nous rejoignons la ville de Flores qui, il faut le dire, ne présente guère d’attraits à part être un bon point de départ pour la suite de notre périple vers le Mexique.
Gardant le rythme (nous changeons désormais d’endroits tous les jours ou tous les deux jours), nous nous mettons en route de bon matin puisque notre bus part à 5 heures du matin. Enfin est censé partir à 5 heures car nous l’attendrons en fait une bonne demi-heure avant de démarrer. Histoire de prendre des forces pour les 8 heures de route annoncées (pour ce genre de choses il vaut mieux être prudent), nous achetons notre petit-déjeuner dans la rue : un grand jus d’oranges fraîchement pressées et de petits pains chauds fourrés à la pâte de haricots rouges.
A notre grand étonnement, notre bus est en fait une espèce de « chicken bus » réaménagé avec un peu plus de place pour les touristes. Bref, il n’est pas de prime jeunesse avec ses fenêtres et sa porte qui s’ouvrent toutes seules au moindre choc et Dieu sait combien ils sont nombreux sur les routes guatémaltèques. Il faut dire que, malheureusement, les routes de Belize ne sont guère meilleures.
Car pour atteindre le Mexique, nous passons en effet par ce pays longtemps revendiqué par le Guatemala et longtemps occupé par les Anglais.
Anciennement territoire maya, c’est aujourd’hui un curieux pays où la population est majoritairement d’origine jamaïcaine, la langue officielle est l’Anglais, la monnaie est le Dollar de Belize et le souverain est la Reine d’Angleterre. D’où sans doute les affiches où nous pouvons lire : « Belize a besoin d’un Premier Ministre, pas d’une marionnette »…
La route traversée durant plusieurs heures nous donne l’impression d’un pays peu peuplé. Certes nous passons devant des maisons de bois colorées et quelques belles propriétés, mais les villages sont plutôt peu nombreux. La capitale, quant à elle, fait plutôt penser à une petite ville des Caraïbes. Pas d’immeubles à l’horizon.
La campagne est peu cultivée et à part quelques champs de canne à sucre et quelques élevages de chevaux ou de buffles, nous ne voyons que peu de traces d’activité humaine. Il est vrai que le pays est surtout réputé pour ses spots de plongée, bénéficiant de la deuxième plus longue barrière de corail au monde, après l’Australie.
Nous parvenons à la frontière mexicaine avec une bonne heure et demie de retard sur l’horaire prévu et, le temps d’effectuer nos dernières formalités avec l’ensemble des touristes qui nous accompagnent (ou presque puisqu’un touriste ne retrouvera jamais notre bus après le dernier passage de frontière…), nous arrivons finalement avec plus de 3 heures de retard à Chetumal. Fatigués par la route, nous décidons de remettre à plus tard notre route vers Tulum et nous prenons nos quartiers dans cette ville non touristique et, de fait, typique de la vie mexicaine.
PS : Nous vous conseillons de passer une nuit sur place dans le parc de Tikal. En effet, les tickets sont valables à partir de la veille à 15 heures. En arrivant en milieu d’après-midi vous pouvez donc profiter de la fin de journée dans le parc alors que la plupart des touristes sont repartis à Flores, et participer à la visite guidée de 4 heures qui débute à 5 heures du matin. Et cela vaut vraiment le coup ! Luis, le guide qui fait la visite en anglais, est vraiment très bon. Il y a trois hôtels sur place. Négociez votre chambre sans formule avec dîner compris car il existe aussi un petit restaurant familial sur place dont la cuisine est sans nul doute bien meilleure. 
Aujourd’hui, c’est le grand départ. Vous l’avez compris, nous devons bouger. Et oui, nous avons tellement aimé le lac Atitlan et ses alentours que nous y avons passé pas moins de neuf jours. Il ne nous reste donc plus beaucoup de temps pour rejoindre la frontière Guatemala-Belize-Mexique. Comment décider de notre prochaine destination ?
Il nous faut impérativement nous rapprocher de la frontière et donc partir en direction du nord-est. Dit comme ça, cela peut sembler trivial mais les chemins les plus courts ne sont pas forcément les plus rapides.
Surtout avec de petites routes, charmantes à ce qu’on nous en a dit mais parfois dangereuses, disséminées dans les montagnes.
Par ailleurs, prendre l’avion revient très cher, notamment parce que les lignes aériennes sont peu développées. Le bus reste donc la seule option disponible. Seul hic : les temps de trajet sont longs, très longs.
Il nous faut de toute façon une journée pour rejoindre notre prochaine étape, que ce soit Coban au milieu du pays, ou Rio Dulce près de la mer des Caraïbes. Nous nous décidons finalement pour Rio Dulce. Il faut bien choisir quelque chose… Et c’est parti mon kiki. Un premier minibus nous conduit jusqu’à Antigua. De là, dans un second minibus, nous faisons tout le tour de toute la ville pour récupérer d’autres voyageurs et - au bout d’une heure – revenir très exactement à notre point de départ ( !!!) et poursuivre notre route vers Guatemala City.
Jusque là tout va bien, nous n’avons pas été attaqués !
De toute façon, avec de l’argent disséminé un peu partout, nous devrions réussir à en sauver quelques uns en cas de coup dur. Et là, c’est le drame. Enfin, toute proportion gardée, bien entendu. Notre minibus nous dépose, comme convenu, dans l’un des terminaux de bus de la capitale en nous annonçant un premier délai.
Au lieu d’attendre une heure, nous voilà bons pour au moins une heure et demie de rêverie dans l’une des villes les plus polluées que nous connaissons : l’air y est tout bonnement irrespirable en raison des gaz d’échappement. Il faut dire, avec cette manie de laisser tourner les moteurs en permanence, surtout lorsqu’on ne roule pas, ce n’est pas très étonnant.
Et ne croyez surtout pas que cela soit à cause du maintien d’une température idéale dans les habitacles puisque bon nombre de bus ne sont bien sûr pas équipés de climatisation… La raison doit donc être ailleurs. Serait-ce parce que le redémarrage après arrêt du moteur est parfois hypothétique et qu’il vaut mieux ne pas prendre de risques ?
Rien n’est moins sûr…
Nous prenons donc place dans une petite gargote située juste en face du terminal. Outre le fait que cela nous permet de nous rassasier et de nous poser (la gare routière n’étant pas très avenante), c’est surtout un excellent point de vue pour observer la vie locale. Surtout qu’avec la ponctualité latine, c’est presque trois heures que nous devons finalement passer là.
Imperturbablement, une vieille femme harangue la foule afin de vendre un véritable instrument de torture pour tout parent : une espèce de marteau en plastique qui fait un horrible bruit vaguement musical dès que les enfants s’en servent. Cette trouvaille dont elle se sert avec régularité a, il faut le dire, bien peu de succès parmi les voyageurs qui fuient plutôt devant le bruit infernal. Non loin de là, une famille descend d’un pick-up une grosse poubelle blanche toute ronde dont quelque chose dépasse du couvercle pourtant fermé. Mais oui, c’est bien la tête d’un gros chien noir qui en sort à grand peine.
Ne vous inquiétez pas, l’animal est bien vivant et a l’air de bien se porter, mais quelle drôle de caisse de voyage…
Des animaux, nous en avons aussi dans notre bus qui finit enfin par arriver. En l’occurrence il s’agit de… crevettes. Et oui, nous le découvrons à cette occasion, les bus guatémaltèques font non seulement transport de voyageurs mais aussi transport de marchandises ! En soute, cela va sans dire. Sauf que lorsqu’on charge un peu trop le bus, il n’y a plus de place pour les bagages des voyageurs…
Après maintes réflexions, l’équipage décide finalement de placer les sacs des voyageurs étrangers à l’intérieur du bus, sur un siège avant. En un sens cela nous arrange, car la perspective d’avoir nos affaires qui sentent la crevette pour le reste de notre voyage ne nous séduit guère. Déjà que nous avons parfois du mal à faire notre lessive…
Ceci étant cela supprime aussi une place assise pour un voyageur…
Plutôt gênant en soi, même si nous n’avons guère d’alternative. Cela n’est cependant qu’un problème théorique puisqu’une nuée de passagers passent de toute façon une grande partie de leur trajet debout, accrochés comme ils le peuvent aux sièges de l’autobus. Bien évidemment, dès que quelqu’un veut monter ou descendre en chemin, tout le monde se pousse tant bien que mal pour faire un peu de place. De même, lorsque des vendeuses montent à bord pour proposer les marchandises placées dans les paniers qu’elles portent sur leurs têtes.
Certaines d’entre elles font d’ailleurs preuve d’une extrême dextérité puisque, malgré les chaos de la route, elles parviennent à couper du poulet rôti avec les mains, à le placer sur une tortilla, puis à l’arroser de sauce tomate et autre piment. Etonnant. Et sans parler de la dextérité des passagers qui, dans les tressauts du car, tiennent leur tortillas pleines d’une sauce que nous pouvons voir aller et venir en musique : débordera, ne débordera pas ?
Après un départ à 10h le matin, nous arrivons à Rio Dulce à 23h, soit avec trois heures de retard.
Qui plus est sous une pluie battante. Nous sommes perplexes : allons-nous trouver, à cette heure tardive, une ‘lancha’ (bateau) pour nous transférer dans un hôtel au bord du lac Izabal ? Et bien a priori non. C’est en tout cas ce qu’un hôtelier (presque sorti du buisson et bien content de voir des clients potentiels échoués sur le bord de la route) nous indique. Puis, fort à propos, il nous indique qu’il a des chambres disponibles pour la nuit dans son hôtel qui, il faut bien l’avouer, n’a rien d’engageant.
Ce n’est qu’après avoir passé une nuit bruyante et malodorante en ce lieu (à cause des camions et autobus, fenêtres non hermétiques obligent), que notre hôtelier nous indique que l’hôtel où nous avons choisi de nous rendre a sa propre ‘lancha’ et qu’il suffit de l’appeler pour que l’on vienne nous chercher. Ah bah tiens, il s’était bien abstenu de nous le dire la veille le petit canaillou ! La mémoire aurait-elle flanché ? La personne contactée à l’hôtel la veille au soir s’était bien gardée de le préciser également…
Allez comprendre !
Les alentours de Rio Dulce nous permettent de découvrir une toute autre facette du Guatemala. La mer certes, mais surtout une population fort différente. Ici point de descendants des Mayas puisque la population est majoritairement noire. Si les maisons sont tout aussi colorées que dans les montagnes, elles sont en bois – parfois sur pilotis – et plus typiques des Caraïbes.
Nous avons littéralement l’impression d’avoir changé de pays. Sentiment renforcé par notre trajet en bateau afin d’atteindre la petite ville de Livingston. Nous traversons en effet d’impressionnantes gorges recouvertes d’une forêt tropicale dense semblable à celle que nous avons pu voir en Asie. Les oiseaux semblent être partout et planent au-dessus de nos têtes. Nombre d’entre eux sont d’ailleurs en pleine migration.
A Livingston une scène étonnante nous choque.
Alors que nous faisons la queue pour acheter des papas fritas (des frites « maison ») à un vendeur ambulant, nous constatons que – pour une fois – nous ne sommes pas les seuls touristes à consommer « local ». Deux touristes, américaines qui plus est, nous précèdent en effet. Au moment de payer ses frites et son poulet frit, l’une des deux femmes sort un billet de 10 USD afin de régler sa commande.
Elle ne dispose manifestement pas de Quetzals dont elle ne connaît même pas le cours. Etrange lorsqu’on est dans un pays étranger mais bon, pourquoi pas. Après une scène comique d’interrogations sur la monnaie rendue et le taux de change pratiqué, elle prend sa nourriture et, à un mètre seulement du commerçant et des badauds attirés par la « scène du change », elle prend les aliments du bout des doigts pour les jeter par terre en direction de deux chiens galeux qui traînent par là, les hélant de « come on, my boy » et autre « good boy ». Là les bras nous en tombent.
On a beau aimer les animaux, dans un pays où la pauvreté sévit encore énormément, cela dépasse l’entendement. Certains habitants sont médusés, d’autres rigolent. Pour notre part, cela nous rappelle cette scène pathétique où un touriste japonais, tout fier de lui, avait donné à une petite Cambodgienne de deux ans à peine un billet pour l’avoir prise en photo. Le tourisme n’a décidément pas toujours que du bon.