dimanche 25 novembre 2007

# 99 – CHETUMAL Y TULUM - Temple on the beach



# 99 – CHETUMAL Y TULUM - 27 novembre 2007 - Temple on the beach

Notre première prise de contact avec le Mexique est inattendue car c’est bien la fatigue et la lassitude de notre dernier voyage en bus qui nous conduisent à passer deux nuits dans la capitale du Quintana Roo. En effet, le Mexique est bien un état fédéral et notre carte d’entrée dans le pays mentionne même les « Etats-Unis du Mexique ».




Chetumal est une ville de bord de mer aux petites maisons colorées et basses. Sa rue principale est bien semblable à celles que nous pourrions trouver chez nous puisqu’il s’agit de la rue dédiée au shopping. Les magasins de vêtements, qui arborent tous fièrement leurs décorations de Noël (comme chez nous il y a de la neige carbonique sur les vitres !), se succèdent les uns aux autres.





A notre arrivée, nous trouvons cependant ce lieu bien calme pour un samedi après-midi. Mais que se passe-t-il donc pour qu’il n’y ait personne dans les rues ? Et bien c’est tout simplement que l’horaire espagnol y est poussé à l’extrême : les magasins ferment entre 13h et 18h !





La vie reprend donc à la nuit tombée avec l’ouverture des magasins ambulants de churros, de chips maison et de hots-dogs dont les saucisses sont enroulées dans du lard. Nous avons cependant quelques difficultés à trouver un restaurant où dîner.


Est-ce à dire que les Mexicains mangent habituellement peu au restaurant ?


Suivant les conseils du charmant staff de notre petit hôtel, nous nous rendons à une petite adresse où nous nous régalons de plats typiquement locaux que nous n’avons jamais trouvé dans le moindre restaurant mexicain de France.





Certes il y a deux délicieux burritos de poulet et de bœuf très parfumés en entrée, mais aussi du porc mijoté dans une sauce à base de tomate légèrement épicée avec légumes et grains de maïs éclatés comme du pop-corn, et un poivron vert farci au boeuf et au fromage pour le plat de résistance. Les tortillas sont aussi bien meilleures côté mexicain qu’au Guatemala, car plus parfumées et moins compactes.


Un délice, surtout que le service est vraiment des plus sympathiques.

Le dimanche soir, le bord de mer s’anime un peu avec des stands destinés aux petits et aux grands. Voitures électriques à piloter sur la place et ateliers de peinture pour les plus petits, jeux d’arcade et échoppes de marchands pour les plus grands.





Le stand qui nous étonne le plus est sans aucun doute celui des tableaux où la vendeuse a placé, les uns à côté des autres et sans contradiction apparente, un portrait de Jésus, celui d’une chanteuse sexy légèrement vêtue, celui d’une star de manga japonais et celui de Bob Marley.


Nous quittons cette charmante ville authentique en bus, comme à notre habitude.


Mais là nous comprenons vite que nous sommes passés dans un autre univers. La gare routière nous surprend tout d’abord par son modernisme avec son système de vente des billets informatisés (cela nous change des contrôleurs à qui il faut payer en chemin), ses salles d’attentes différenciées pour la première et la seconde classe (il s’agit en fait de bus différents selon le prix et non de classes à l’intérieur d’un même véhicule) et son système de marquage des bagages qui évite que n’importe qui puisse partir avec.





Et les bus !! Le bus de première classe, à peine plus cher que celui de seconde, est bien sur climatisé. Super confortable (plus qu’en Australie !) il est équipé de plusieurs écrans plats afin de pouvoir regarder des films durant le trajet. Le port de la ceinture de sécurité est naturellement de mise et est expliqué aux enfants par un drôle de petit film qui donne même envie de la porter !


De surcroît les routes sont bonnes, alors que demander de plus ?

Pour atteindre Tulum nous roulons essentiellement à travers la forêt mais la pauvreté de certains villages traversés nous saute néanmoins aux yeux. Les petites maisons n’y ont notamment, pour la plupart, pas de toits en dur. Cela nous surprend.





Ceci nous sera d’ailleurs confirmé par un chauffeur de taxi qui nous explique que 60% de la population mexicaine est pauvre, ce qui représente environ 60 millions d’habitants. Tulum est une ville touristique et cela se ressent dès que nous grimpons dans le taxi : les prix sont le quadruple de ceux de Chetumal pour une course identique, et pas de possibilité de négocier.


Si elle est touristique, c’est certes pour sa jolie plage aux eaux turquoises mais aussi pour son étonnant temple maya qui domine la mer.


Très différent de Tikal qui lui est bien antérieur, ce site est vraiment très agréable à visiter. C’est en tout cas bien la première fois que nous croisons des visiteurs en maillot de bain, la plage étant juste à côté. Notre case de bord de mer est plutôt rustique. Lumière entre 18h30 et 19h30 seulement, mais en fait la nôtre ne fonctionne pas.




Pas de fenêtre donc et pénombre perpétuelle. Pas de quoi poser ses affaires, pas même un clou pour accrocher ses vêtements. Juste un lit balancelle suspendu à deux poutres. Ca change du lit précédent dont le matelas dépassait du sommier. Nous nous retrouvons un peu dans la peau d’un nourrisson à nous endormir en nous balançant.


Et avec le bruit des vagues juste à côté, le bercement est le plus complet.



Céline et Kim

samedi 24 novembre 2007

# 98 – GUATEMALA : CONCLUSION



# 98 – GUATEMALA : CONCLUSION

Notre voyage du 5 au 24 novembre 2007 : Guatemala city, Antigua, le lac Atitlan (San Marco de la Laguna, San Pedro, Panajachel), Chichicastenango, Rio Dulce, Livingston, Tikal, Flores et Melchor de Mencos.

Indéniablement, les couleurs guatémaltèques nous en ont mis plein les yeux. Des vêtements à l’artisanat, des maisons aux couchers de soleil, de la lave en fusion à la forêt tropicale, des oiseaux aux fruits et légumes, c’est une véritable symphonie de couleurs vives et variées qui s’est offerte à nos yeux. Avec l’Inde, c’est le deuxième pays qui nous séduit par son côté coloré.




La nature aussi nous a beaucoup étonnés par sa variété et sa beauté : volcans majestueux, vastes lacs, mer des Caraïbes, forêt tropicale incroyablement peuplée, jolies routes de montagne… Il y a beaucoup à faire et à voir.




Surtout que l’Histoire se rappelle aussi à nous. Celle des Mayas, bien entendu, le site de Tikal étant l’un des sites majeurs à visiter pour mieux connaître la culture maya. Mais aussi la conquête espagnole avec les villes coloniales et la culture hispanique omniprésente aujourd’hui, ne serait-ce que par la langue.




Premier pays d’Amérique Centrale que nous visitons, le Guatemala est assurément une destination de choix pour découvrir cette région et sa population, le tourisme n’étant pas encore de masse.

Les sites à ne pas louper pour un touriste (classés par ordre chronologique) :
- Antigua pour le charme de ses maisons coloniales multicolores et son ambiance décontractée,
- Le lac Atitlan pour son côté tantôt zen et reposant, tantôt festif,
- Chichicastenango pour son marché qui, malgré la présence des touristes, permet de découvrir la vie locale,
- Tikal pour son parfait équilibre entre Nature sauvage et Histoire maya.


Transport : C’est indéniablement le plus gros problème au Guatemala. Tout d’abord les routes sont peu nombreuses et en assez mauvais état ; les trajets sont donc longs et fatigants. Ensuite, les lignes de bus publiques (notamment les « chicken bus ») ne sont pas très développées en ce qui concerne les longs parcours. De nombreux changements sont donc souvent nécessaires pour rejoindre une ville située à une centaine de kilomètres seulement. Patience et courage sont donc les maîtres-mots. Pour certaines liaisons, il est possible de prendre des bus Pullman qui peuvent contraindre à passer par la capitale. Plus chers, ils ne garantissent cependant pas de place assise lorsqu’on achète le billet. Enfin, il existe des systèmes de minibus destinés aux touristes et qui permettent de rallier certaines villes du pays, mais les tarifs sont alors assez prohibitifs, s’élevant à plusieurs dizaines de USD pour un trajet. En fait, il est important de faire le tour des agences de voyages lorsqu’on achète un billet de bus, les prix pouvant varier du simple au quadruple ! A noter que c’est le premier pays où nous notons de tels écarts. A titre d’exemple le trajet Panajachel-Rio Dulce peut être proposé à 17 USD tout comme à 67 USD. Peut-être la prestation diffère-t-elle légèrement, mais il est peu probable qu’un tel écart soit réellement justifié. En conclusion, il faut faire jouer la concurrence et ne surtout pas prendre pour argent comptant les discours bien rodés des agences pour expliquer leurs tarifs.


Insécurité : Plusieurs personnes, touristes de passage ou étrangers vivant sur place, nous ont dit que le Guatemala est le deuxième pays le plus dangereux de la zone, après Haiti. Il faut relativiser cette information car nous n’avons personnellement à déplorer aucun incident. Si insécurité il y a, elle ne se voit qu’à travers l’existence de barbelés au-dessus de certains murs et de gardes postés devant les banques, certains restaurants ou boutiques. Sur la route, il y a apparemment quelques vols et les touristes ne semblent pas particulièrement visés. En conclusion, le Guatemala est un beau pays qu’il serait dommage de ne pas visiter ; il revient à chacun de rester prudent et vigilant.

Logement : On peut trouver des logements très corrects pour des prix, en général, tout aussi corrects. Dans l’ensemble les tarifs proposés restent cependant supérieurs à ceux de la zone asiatique. On a ainsi pour un prix un peu supérieur une salle de bain commune. Pour ce qui est des douches en tant que telles, elles sont rarement satisfaisantes ; soit l’eau ne coule pas vraiment, soit le curieux système de chauffage placé directement au-dessus du pommeau ne fonctionne pas très bien. Armez-vous donc de courage dans certain cas…



Restaurant : Dans l’ensemble la cuisine est proche de celle du Mexique (nous constaterons par la suite qu’elle est cependant un peu moins fine) et l’on retrouve largement les tortillas, le guacamole, les burritos, les nachos, etc… Le ceviche péruvien (poisson ou crevettes marinés dans le jus de citron et accompagnés de tomates et d’oignons) se consomme également largement. La viande grillée (à la plancha) est aussi très commune, qu’il s’agisse de poulet ou de bœuf, de même que le poisson. Enfin, les œufs et les haricots rouges sont incontournables dans la région. C’est donc une cuisine plutôt variée et qui permet de se régaler, surtout lorsqu’on l’accompagne de vin chilien !


Langues : Changement de programme ! Nous sommes passés à l’Espagnol (El Castillano pour être précis) qui est parlé par tout le monde, même si 22 dialectes locaux subsistent. A noter que peu de gens finalement parlent l’Anglais.

Modes de paiement : Il est possible de trouver des distributeurs de billets dans les villes touristiques, mais les dépenses se font plutôt en cash.



Bagages & lessive : Les bagages à roulettes ne sont pas toujours une bonne option sur les pavés des rues coloniales mais il est tout de même possible de s’en sortir ! A noter qu’il est fréquent qu’ils soient placés sur le toit des véhicules durant les transports. Pour ce qui est de la lessive, il est toujours facile de donner son linge à la « lavanderia », et ce pour un prix très raisonnable.




Notre prochaine étape : dernier pays (et oui, déjà) de notre périple, le Mexique.

Céline et Kim


vendredi 23 novembre 2007

# 97 – TIKAL - Les mystérieuses cités d’or


# 97 – TIKAL - 24 novembre 2007 – Les mystérieuses cités d’or

Après avoir sauté de notre bateau et couru en pensant que nous allions le rater, nous attrapons finalement notre bus pour Flores. Surprises. Il n’a que 15 minutes de retard. Mais il est aussi quasiment plein et Kim passe à peu près la moitié du voyage (soit 2 heures) debout, comme une bonne douzaine d’autres personnes, ce qui n’est pas toujours aisé avec la route en lacets et la conduite sportive de notre chauffeur.




Imaginez un coup de frein sec et vous voyez devant vos yeux ébahis voler dans les airs – jusqu’à atteindre le pare-brise dans un grand fracas – ces malheureux passagers. Cette scène passe et repasse dans la tête de Kim un peu plus tard dans le voyage, quand un spot TV nous explique les bienfaits de la ceinture de sécurité dans un car mexicain ! La question ne se pose de toute façon pas dans les cars guatémaltèques : il n’y a pas de ceinture de sécurité.


C’est encore un concept du futur. Assurément.

En milieu d’après-midi nous parvenons dans le parc naturel de Tikal où nous allons découvrir notre premier site maya. Non, pas l’abeille. Et si vous avez suivi les dessins animés des années 80, vous vous souvenez sans doute d’Esteban, Zia, Tao et des cités d’or. Et là vous vous mettez à chanter :




« Enfant du soleil, tu parcours la terre, le ciel. Cherche ton chemin, c’est ta vie c’est ton destin. Et le jour, la nuit, avec tes deux meilleurs amis. A bord du grand condor, tu recherches les cités d’or. Oh oho oho, Esteban, Zia, Tao, les cités d’o-or. Oh oho oho, Esteban, Zia, Tao, les cités d’or… ».


Espérons qu’il s’agissait bien des Mayas et non des Aztèques ou des Incas !! Quoi qu’il en soit, nous nous sentons vite dans la peau des ces aventuriers…

En effet, en haut du plus haut des temples (le numéro 4 pour ne pas le nommer), qui culmine à 70 mètres, nous assistons au coucher de soleil. Et là, splendeur. Les pyramides qui dépassent de la forêt tropicale prennent alors une couleur dorée. Magique. Nous faisons d’ailleurs bien d’en profiter car le lever de soleil du lendemain sera tout autre.



En fait nous ne l’avons même pas vu puisque c’est sous des trombes d’eau que le jour se lève. Tout juste le temps d’enfiler nos capes de pluie ! Enfin, c’est vite dit. Plus facile à dire qu’à faire. Des gouttes qui grossissent à vue d’œil. Et c’est une image car on ne voit rien. Une cape de pluie à portée de main mais inutilisable. Un étui protecteur décidément trop protecteur.



Un nœud impossible à desserrer. Kim agite, secoue, tire, tire à nouveau avec plus de force, tant et si bien qu’il finit par déchirer l’étui… Bref, de l’eau, de l’eau, et une épaisse brume dissimulant les alentours. C’est bien la peine de se lever à 4h15 et de crapahuter une bonne demi-heure dans l’obscurité de la forêt !

Mais oui c’est la peine, car comme le disaient les posters de notre enfance (flash back sur les images Sarah Kay, pour celles qui se souviennent) : « Après la pluie vient le beau temps ». Nous parcourons donc une bonne partie du parc sous un ciel plus clément.



Grâce à notre guide, nous découvrons non seulement les bâtiments mayas et leur histoire, mais aussi la faune tropicale : mygales délogées de leurs trous, perroquets verts volant par deux, toucans aux becs jaunes, singes araignées, singes hurleurs (et ils hurlent vraiment), renard gris…


Seul manquait à l’appel le fameux jaguar, pourtant hôte de ces lieux.

Il ne s’agit donc pas de se perdre dans cette nature qui peut s’avérer hostile. C’est ainsi qu’un touriste s’est égaré en s’éloignant de son groupe. Ne parvenant pas à retrouver le chemin, il a décidé de jouer au Petit Poucet avec les pages de son guide de voyage. Le lendemain matin les gardes du parc n’ont plus eu qu’à suivre les pages pour le retrouver ! Comme quoi les contes pour enfants, cela peut toujours servir.

Ce qui ravit à Tikal, c’est ce mélange harmonieux entre Nature exubérante et Histoire préservée. Certes la végétation reprend vite ses droits (une zone défrichée est à nouveau couverte d’une jungle épaisse en moins de 10 ans) et de nombreux temples sont encore enfouis sous la terre, tels des collines couvertes d’arbres. Mais il ne faut pas s’y tromper, les pierres sont bel et bien là. Seront-elles un jour toutes dégagées ?

Après une journée à Tikal, nous rejoignons la ville de Flores qui, il faut le dire, ne présente guère d’attraits à part être un bon point de départ pour la suite de notre périple vers le Mexique.



Gardant le rythme (nous changeons désormais d’endroits tous les jours ou tous les deux jours), nous nous mettons en route de bon matin puisque notre bus part à 5 heures du matin. Enfin est censé partir à 5 heures car nous l’attendrons en fait une bonne demi-heure avant de démarrer. Histoire de prendre des forces pour les 8 heures de route annoncées (pour ce genre de choses il vaut mieux être prudent), nous achetons notre petit-déjeuner dans la rue : un grand jus d’oranges fraîchement pressées et de petits pains chauds fourrés à la pâte de haricots rouges.

A notre grand étonnement, notre bus est en fait une espèce de « chicken bus » réaménagé avec un peu plus de place pour les touristes. Bref, il n’est pas de prime jeunesse avec ses fenêtres et sa porte qui s’ouvrent toutes seules au moindre choc et Dieu sait combien ils sont nombreux sur les routes guatémaltèques. Il faut dire que, malheureusement, les routes de Belize ne sont guère meilleures.


Car pour atteindre le Mexique, nous passons en effet par ce pays longtemps revendiqué par le Guatemala et longtemps occupé par les Anglais.

Anciennement territoire maya, c’est aujourd’hui un curieux pays où la population est majoritairement d’origine jamaïcaine, la langue officielle est l’Anglais, la monnaie est le Dollar de Belize et le souverain est la Reine d’Angleterre. D’où sans doute les affiches où nous pouvons lire : « Belize a besoin d’un Premier Ministre, pas d’une marionnette »…

La route traversée durant plusieurs heures nous donne l’impression d’un pays peu peuplé. Certes nous passons devant des maisons de bois colorées et quelques belles propriétés, mais les villages sont plutôt peu nombreux. La capitale, quant à elle, fait plutôt penser à une petite ville des Caraïbes. Pas d’immeubles à l’horizon.

La campagne est peu cultivée et à part quelques champs de canne à sucre et quelques élevages de chevaux ou de buffles, nous ne voyons que peu de traces d’activité humaine. Il est vrai que le pays est surtout réputé pour ses spots de plongée, bénéficiant de la deuxième plus longue barrière de corail au monde, après l’Australie.

Nous parvenons à la frontière mexicaine avec une bonne heure et demie de retard sur l’horaire prévu et, le temps d’effectuer nos dernières formalités avec l’ensemble des touristes qui nous accompagnent (ou presque puisqu’un touriste ne retrouvera jamais notre bus après le dernier passage de frontière…), nous arrivons finalement avec plus de 3 heures de retard à Chetumal. Fatigués par la route, nous décidons de remettre à plus tard notre route vers Tulum et nous prenons nos quartiers dans cette ville non touristique et, de fait, typique de la vie mexicaine.


Céline et Kim


PS : Nous vous conseillons de passer une nuit sur place dans le parc de Tikal. En effet, les tickets sont valables à partir de la veille à 15 heures. En arrivant en milieu d’après-midi vous pouvez donc profiter de la fin de journée dans le parc alors que la plupart des touristes sont repartis à Flores, et participer à la visite guidée de 4 heures qui débute à 5 heures du matin. Et cela vaut vraiment le coup ! Luis, le guide qui fait la visite en anglais, est vraiment très bon. Il y a trois hôtels sur place. Négociez votre chambre sans formule avec dîner compris car il existe aussi un petit restaurant familial sur place dont la cuisine est sans nul doute bien meilleure.

jeudi 22 novembre 2007

# 96 – RIO DULCE – Un parfum de Caraïbes



# 96 – RIO DULCE – 22 novembre 2007 – Un parfum de Caraïbes

Aujourd’hui, c’est le grand départ. Vous l’avez compris, nous devons bouger. Et oui, nous avons tellement aimé le lac Atitlan et ses alentours que nous y avons passé pas moins de neuf jours. Il ne nous reste donc plus beaucoup de temps pour rejoindre la frontière Guatemala-Belize-Mexique. Comment décider de notre prochaine destination ?





Il nous faut impérativement nous rapprocher de la frontière et donc partir en direction du nord-est. Dit comme ça, cela peut sembler trivial mais les chemins les plus courts ne sont pas forcément les plus rapides.


Surtout avec de petites routes, charmantes à ce qu’on nous en a dit mais parfois dangereuses, disséminées dans les montagnes.


Par ailleurs, prendre l’avion revient très cher, notamment parce que les lignes aériennes sont peu développées. Le bus reste donc la seule option disponible. Seul hic : les temps de trajet sont longs, très longs.



Il nous faut de toute façon une journée pour rejoindre notre prochaine étape, que ce soit Coban au milieu du pays, ou Rio Dulce près de la mer des Caraïbes. Nous nous décidons finalement pour Rio Dulce. Il faut bien choisir quelque chose… Et c’est parti mon kiki. Un premier minibus nous conduit jusqu’à Antigua. De là, dans un second minibus, nous faisons tout le tour de toute la ville pour récupérer d’autres voyageurs et - au bout d’une heure – revenir très exactement à notre point de départ ( !!!) et poursuivre notre route vers Guatemala City.

Jusque là tout va bien, nous n’avons pas été attaqués !


De toute façon, avec de l’argent disséminé un peu partout, nous devrions réussir à en sauver quelques uns en cas de coup dur. Et là, c’est le drame. Enfin, toute proportion gardée, bien entendu. Notre minibus nous dépose, comme convenu, dans l’un des terminaux de bus de la capitale en nous annonçant un premier délai.




Au lieu d’attendre une heure, nous voilà bons pour au moins une heure et demie de rêverie dans l’une des villes les plus polluées que nous connaissons : l’air y est tout bonnement irrespirable en raison des gaz d’échappement. Il faut dire, avec cette manie de laisser tourner les moteurs en permanence, surtout lorsqu’on ne roule pas, ce n’est pas très étonnant.



Et ne croyez surtout pas que cela soit à cause du maintien d’une température idéale dans les habitacles puisque bon nombre de bus ne sont bien sûr pas équipés de climatisation… La raison doit donc être ailleurs. Serait-ce parce que le redémarrage après arrêt du moteur est parfois hypothétique et qu’il vaut mieux ne pas prendre de risques ?


Rien n’est moins sûr…

Nous prenons donc place dans une petite gargote située juste en face du terminal. Outre le fait que cela nous permet de nous rassasier et de nous poser (la gare routière n’étant pas très avenante), c’est surtout un excellent point de vue pour observer la vie locale. Surtout qu’avec la ponctualité latine, c’est presque trois heures que nous devons finalement passer là.




Imperturbablement, une vieille femme harangue la foule afin de vendre un véritable instrument de torture pour tout parent : une espèce de marteau en plastique qui fait un horrible bruit vaguement musical dès que les enfants s’en servent. Cette trouvaille dont elle se sert avec régularité a, il faut le dire, bien peu de succès parmi les voyageurs qui fuient plutôt devant le bruit infernal. Non loin de là, une famille descend d’un pick-up une grosse poubelle blanche toute ronde dont quelque chose dépasse du couvercle pourtant fermé. Mais oui, c’est bien la tête d’un gros chien noir qui en sort à grand peine.


Ne vous inquiétez pas, l’animal est bien vivant et a l’air de bien se porter, mais quelle drôle de caisse de voyage…

Des animaux, nous en avons aussi dans notre bus qui finit enfin par arriver. En l’occurrence il s’agit de… crevettes. Et oui, nous le découvrons à cette occasion, les bus guatémaltèques font non seulement transport de voyageurs mais aussi transport de marchandises ! En soute, cela va sans dire. Sauf que lorsqu’on charge un peu trop le bus, il n’y a plus de place pour les bagages des voyageurs…



Après maintes réflexions, l’équipage décide finalement de placer les sacs des voyageurs étrangers à l’intérieur du bus, sur un siège avant. En un sens cela nous arrange, car la perspective d’avoir nos affaires qui sentent la crevette pour le reste de notre voyage ne nous séduit guère. Déjà que nous avons parfois du mal à faire notre lessive…

Ceci étant cela supprime aussi une place assise pour un voyageur…


Plutôt gênant en soi, même si nous n’avons guère d’alternative. Cela n’est cependant qu’un problème théorique puisqu’une nuée de passagers passent de toute façon une grande partie de leur trajet debout, accrochés comme ils le peuvent aux sièges de l’autobus. Bien évidemment, dès que quelqu’un veut monter ou descendre en chemin, tout le monde se pousse tant bien que mal pour faire un peu de place. De même, lorsque des vendeuses montent à bord pour proposer les marchandises placées dans les paniers qu’elles portent sur leurs têtes.



Certaines d’entre elles font d’ailleurs preuve d’une extrême dextérité puisque, malgré les chaos de la route, elles parviennent à couper du poulet rôti avec les mains, à le placer sur une tortilla, puis à l’arroser de sauce tomate et autre piment. Etonnant. Et sans parler de la dextérité des passagers qui, dans les tressauts du car, tiennent leur tortillas pleines d’une sauce que nous pouvons voir aller et venir en musique : débordera, ne débordera pas ?


Après un départ à 10h le matin, nous arrivons à Rio Dulce à 23h, soit avec trois heures de retard.

Qui plus est sous une pluie battante. Nous sommes perplexes : allons-nous trouver, à cette heure tardive, une ‘lancha’ (bateau) pour nous transférer dans un hôtel au bord du lac Izabal ? Et bien a priori non. C’est en tout cas ce qu’un hôtelier (presque sorti du buisson et bien content de voir des clients potentiels échoués sur le bord de la route) nous indique. Puis, fort à propos, il nous indique qu’il a des chambres disponibles pour la nuit dans son hôtel qui, il faut bien l’avouer, n’a rien d’engageant.


Ce n’est qu’après avoir passé une nuit bruyante et malodorante en ce lieu (à cause des camions et autobus, fenêtres non hermétiques obligent), que notre hôtelier nous indique que l’hôtel où nous avons choisi de nous rendre a sa propre ‘lancha’ et qu’il suffit de l’appeler pour que l’on vienne nous chercher. Ah bah tiens, il s’était bien abstenu de nous le dire la veille le petit canaillou ! La mémoire aurait-elle flanché ? La personne contactée à l’hôtel la veille au soir s’était bien gardée de le préciser également…

Allez comprendre !

Les alentours de Rio Dulce nous permettent de découvrir une toute autre facette du Guatemala. La mer certes, mais surtout une population fort différente. Ici point de descendants des Mayas puisque la population est majoritairement noire. Si les maisons sont tout aussi colorées que dans les montagnes, elles sont en bois – parfois sur pilotis – et plus typiques des Caraïbes.



Nous avons littéralement l’impression d’avoir changé de pays. Sentiment renforcé par notre trajet en bateau afin d’atteindre la petite ville de Livingston. Nous traversons en effet d’impressionnantes gorges recouvertes d’une forêt tropicale dense semblable à celle que nous avons pu voir en Asie. Les oiseaux semblent être partout et planent au-dessus de nos têtes. Nombre d’entre eux sont d’ailleurs en pleine migration.

A Livingston une scène étonnante nous choque.

Alors que nous faisons la queue pour acheter des papas fritas (des frites « maison ») à un vendeur ambulant, nous constatons que – pour une fois – nous ne sommes pas les seuls touristes à consommer « local ». Deux touristes, américaines qui plus est, nous précèdent en effet. Au moment de payer ses frites et son poulet frit, l’une des deux femmes sort un billet de 10 USD afin de régler sa commande.


Elle ne dispose manifestement pas de Quetzals dont elle ne connaît même pas le cours. Etrange lorsqu’on est dans un pays étranger mais bon, pourquoi pas. Après une scène comique d’interrogations sur la monnaie rendue et le taux de change pratiqué, elle prend sa nourriture et, à un mètre seulement du commerçant et des badauds attirés par la « scène du change », elle prend les aliments du bout des doigts pour les jeter par terre en direction de deux chiens galeux qui traînent par là, les hélant de « come on, my boy » et autre « good boy ». Là les bras nous en tombent.




On a beau aimer les animaux, dans un pays où la pauvreté sévit encore énormément, cela dépasse l’entendement. Certains habitants sont médusés, d’autres rigolent. Pour notre part, cela nous rappelle cette scène pathétique où un touriste japonais, tout fier de lui, avait donné à une petite Cambodgienne de deux ans à peine un billet pour l’avoir prise en photo. Le tourisme n’a décidément pas toujours que du bon.




Céline et Kim

lundi 19 novembre 2007

# 95 – LAC ATITLAN (Panajachel) – Buena fiesta


# 95 – LAC ATITLAN (Panajachel) – 19 novembre 2007 – Buena fiesta


Nous arrivons à Panajachel (« Pana » pour les intimes) alors qu’un festival doit justement s’y tenir. Contrairement à la fête des 50 ans de l’indépendance que nous avions loupée en Malaisie à quelques jours près, nous allons donc pouvoir assister au festival de Panajachel. Cela sert de préparer son voyage en fonction des évènements prévus dans le pays : promis, nous y penserons lors de nos prochains voyages !




Poésie, musique, théâtre, courts-métrages, la programmation est plutôt éclectique. Il faut bien avouer que l’organisation pêche un peu et que le programme distribué dans la rue est à vocation purement indicative. Nous attendrons ainsi des prestations que nous ne verrons jamais. Décalées ? Annulées ??? Enfin, cela permet de découvrir autre chose.




Comme ce groupe de musique expérimentale un peu « lounge » qui gagnerait sans doute à jouer un peu moins pour lui et un peu plus pour le public. Lassé de ne pouvoir intervenir entre des morceaux sans fin, celui-ci se désintéresse progressivement de la scène et nous faisons de même.


Dommage.


Nous rencontrons un groupe de jeunes, de nationalités différentes, travaillant pour des ONG (oui, il y a beaucoup d’ONG visiblement au Guatemala) ayant vocation à défendre les Droits de l’Homme. Il semble qu’il y ait encore beaucoup de choses à faire en la matière, notamment en ce qui concerne la population Maya – pourtant majoritaire – longtemps persécutée et exploitée. Ils nous expliquent également que les armes sont très répandues dans le pays.





Les attaques armées ne sont donc pas rares, notamment sur les routes, même les plus fréquentées ou proches de la capitale. Ainsi, seulement quelques jours plus tôt, plusieurs voitures ont été rançonnées non loin de là. Il semblerait qu’au « classement des pays violents d’Amérique», le Guatemala arrive en second, après Haïti et devant la Colombie ! De quoi rassurer pour la suite du voyage… Ceci dit, il ne nous est rien arrivé et nous n’avons rien vu. Pour le moment. A relativiser donc.

Ces mises en garde ne nous empêchent pas de prendre le bus public pour découvrir le marché de Chichicastenango.


Une expédition ! Une heure et demie de route avec deux « chicken bus » et un minibus afin de parvenir à destination. Dans les bus, les banquettes sont à deux places, mais on est généralement trois à s’y asseoir. Le plus dur reste tout de même de rester en place dans les virages avec une fesse dans le couloir… Il ne faut pas avoir peur de la promiscuité…



Quoi que cela peut être pire en minibus. Celui que nous prenons durant 40 minutes environ est un modèle du genre : jusqu’à 26 personnes (en omettant vraisemblablement 2 ou 3 bébés accrochés dans le dos de leurs mamans) dans un véhicule… de 13 places ! Au mieux l’on partage son siège avec son voisin en se décalant sur les ressorts, en s’appuyant sur la vitre, ou en ne se calant pas contre le dossier.




Au pire on reste à-demi debout, plié en deux afin de ne pas se taper la tête contre le plafond. Car même si les gens sont petits, avec le nombre de dos d’ânes que compte ce pays, il est bien difficile de ne pas se faire assommer en route.


Le marché de « Chichi » est très grand et très coloré.

L’artisanat guatémaltèque est vraiment beau et diversifié. Nous progressons le long des étals, entre deux églises blanches qui se font face. Les églises sont vraiment un lieu de vie. Des marchands s’installent sur les marches, non loin des fumées d’encens dispersées au vent. A l’intérieur, des femmes assises sur le sol discutent. Un enfant ramasse les bougies consumées. Une vieille femme prie avec véhémence en disposant ses bougies et ses pétales de fleurs.


Dieu l’entendra-t-elle ?

Nous découvrons un petit restaurant où les touristes n’ont semble-t-il pas l’habitude de s’aventurer à en voir la mine surprise du commerçant. Ici, plat unique. Bouillon de bœuf (ou plus exactement de gras de bœuf à en croire les bouts de pattes poilus qui sont au fond de nos bols) et de légumes. Ne prenez donc pas cet air dégoûté, c’est très bon ! Avouons tout de même que nous n’avons fait que tourner autour de la viande. Dommage que le patron nous ait vu venir et nous ait calculé une addition un peu délirante.


Cet endroit était bien sympathique.

Et pour finir, un petit moment gastronomique de choix : de délicieux plats de ceviche de crevettes, des petits légumes fondants cuisinés au beurre et un riz local divinement préparé. Un régal. Pour goûter à ces petits plaisirs de la vie, il vous faudra aller au restaurant Emilio (attention, ça ne paie pas de mine), petit restaurant familial au bord du lac, coincé au milieu de grands restaurants au décor plus avenant. On nous l’avait recommandé, on a été enchanté.


Céline et Kim

PS : Grand jeu concours le retour ! Que voyez-vous sur ces photos ??



vendredi 16 novembre 2007

# 94 - LAC ATITLAN (San Marco de la Laguna) - Buena vista



# 94 – LAC ATITLAN (San Marco de la Laguna) – 16 novembre 2007 – Buena vista

La ville d’Antigua est certes belle, il nous faut cependant la quitter au bout de 5 jours. Que c’est dur ! A moins de 3 semaines de la fin de notre tour autour du monde, il faut dire que nous ressentons de plus en plus l’envie d’en faire de moins en moins…

Bien décidés tout de même à quitter notre havre de paix, c’est de bon matin que nous nous installons dans notre rue afin d’attendre le minibus qui doit nous conduire à Panajachel, au bord du lac Atitlan. Au bout d’une heure de patience, notre véhicule apparaît enfin. Une fois les sacs chargés sur le toit, nous pouvons prendre la route. Vive la ponctualité latine !

Le trajet de montagne est agréable et nous rappelle les routes d’Equateur.

Cultures à flanc de montagne qui dessinent des patchworks dans les tons bruns et dorés, champs de maïs à perte de vue, petits villages colorés où se tiennent les marchés du week-end, femmes affairées au lavoir ou dans les cours d’eau…, telles sont les visions que le Guatemala nous offre en ce samedi matin ensoleillé.

Nous sommes frappés par la petite taille de la population Maya. C’est bien la première fois (en fait la deuxième car c’était déjà le cas en Equateur avec la population andine) que Céline est de taille standard, voire supérieure, à la moyenne. Beau score pour 1,54 m !!! Les tenues des femmes sont particulièrement colorées et elles sont majoritaires, dans cette région, à porter des vêtements traditionnels : corsages et jupes tissées épaisses retenues à la taille par une large ceinture tressée.



Elles portent généralement un grand tissu multicolore, noué autour de leur corps, qui leur permet de porter dans leur dos leurs marchandises, ou plus généralement un enfant, parfois jusqu’à un âge assez avancé.

L’une de ces femmes prend justement place à côté de nous dans le « bateau-bus » assurant la liaison entre Panajachel et les autres villages éparpillés autour du lac. Cette jeune femme monte tranquillement dans la petite embarcation tout en continuant à allaiter une petite fille de 18 mois environ. Pas d’interruption intempestive de cette douce activité maternelle. Elle est particulièrement belle avec son teint cuivré, ses cheveux noirs et brillants tressés, ses colliers colorés et ses si jolis vêtements. Quelle belle image.

Le lac Atitlan est sans nul doute un endroit idéal pour se reposer et profiter d’une vue exceptionnelle sur les trois volcans alentours. Sous le soleil, l’eau prend des tons bleutés et l’on se croirait presque au bord d’une crique méditerranéenne avec les palmiers et les bougainvilliers. Il est vrai que les caféiers dont les grains sont en train de rougir au soleil nous rappellent que nous sommes bel et bien en Amérique centrale.

Dans le village de San Marco de la Laguna où nous avons pris nos quartiers, nous rencontrons un jeune canadien installé depuis plusieurs années dans la région. Découvrant les problèmes de pollution du lac – dont l’enjeu est non négligeable pour la pêche et le tourisme – il a décidé de mettre en place un système naturel de traitement des eaux. Pour l’instant à l’état de prototype, ce système fait appel à l’utilisation de plantes, de pierres et de terre afin de filtrer les eaux usées, jusque là rejetées telles quelles dans le lac.


Une fois la phase de test achevée, il souhaite pouvoir faire valoir les résultats de ce système et le généraliser aux villages environnant.


Reste qu’il s’agit d’une entreprise difficile à mener lorsqu’on est seul et il nous explique qu’il a des quantités de papiers à remplir pour obtenir des aides ou subventions en tant qu’association à but non lucratif. N’ayant pas le temps de faire toutes ces démarches, son projet ne se développe pas aussi vite qu’il le souhaiterait et il est à la recherche de personnes motivées pour lui prêter main forte. Avis aux amateurs. Coordonnées : http://terravivens.com/

Tous les soirs, nous entendons les chants monter des églises. Il faut dire que la population semble très religieuse. Rares sont les murs où les noms de Dieu, Jésus ou du Seigneur ne sont pas inscrits. Tous les soirs nous entendons aussi des pétards et des fusées. Sans rapport vraisemblablement avec ce que nous avons exposé juste avant…

Pour prendre le « bateau-bus », il existe des arrêts définis, desservis environ toutes les trente minutes. Mais lorsqu’on se trouve sur un ponton isolé, il faut se faire voir du pilote ou du jeune homme chargé d’encaisser la monnaie. Mission ô combien délicate. Tels Sœur Anne, nous nous installons près du ponton de notre hôtel afin de repartir vers Panajachel.


Au bout de 50 minutes, toujours rien ; nous commençons à nous poser des questions.


Tout à coup, deux garçons travaillant dans l’hôtel arrivent en courant sur le ponton, tenant à la main, l’un, une serviette blanche, l’autre, un peignoir de la même couleur. Mais que vont-ils bien pouvoir en faire ? Est-il nécessaire d’afficher notre neutralité avant de monter à bord ? Ne voyant toujours rien à l’horizon, nous les observons alors faire de grand moulinets avec leurs espèces de drapeaux.




Quand le bateau apparaît enfin au loin, il ne vient pas du tout dans notre direction. Leur agitation n’aurait-elle servi à rien ? Il faut le craindre… Ils continuent d’agiter les bras furieusement pendant 5 bonnes minutes. Fort heureusement, prévenu par une vedette venant en sens inverse (oui oui, elle, elle nous a vus…), notre « bus » fait demi-tour et vient nous récupérer. Ouf ! Nous pouvons prendre place à bord de ce véritable « tape-cul » qui fonce à toute vitesse sur les eaux agitées du lac, car des vagues il y en a !!


Céline et Kim


PS : une adresse réellement merveilleuse pour profiter de la sérénité et de la beauté du lac Atitlan : l’hôtel Jinava. Vue imprenable sur le lac, très jolies chambres, délicieuse cuisine mariant les saveurs du monde entier. Bref, une adresse à ne pas manquer.


samedi 10 novembre 2007

# 93 – ANTIGUA - The American dream (suite)




# 93 – ANTIGUA –10 novembre 2007 – The American dream (suite)

Ca y est ! Nous voilà en Amérique centrale. L’aéroport de Guatemala city est flambant neuf et annonce la couleur : il s’agit de l’aéroport le plus moderne de la région. Les formalités extrêmement rapides de la douane guatemaltèque accomplies (moins d’une demi-heure entre la descente de l’avion et la sortie de l’aéroport, cela peut faire rêver les passagers débarquant à Roissy), nous pouvons passer notre première nuit aux couleurs hispaniques.





Ce que nous ne savons pas à ce moment là, c’est que nous sommes arrivés le soir du second tour des élections présidentielles. Le Président Colom vient en effet d’être élu. Est-ce pour cette raison que les pétards crépitant dans les rues nous accompagnent dans notre sommeil ?


Avant de partir pour la ville d’Antigua il nous faut trouver des Quetzals (et oui, nous avons oublié d'en prendre à l'aéroport ; mais y avait-il seulement un distributeur là-bas ?).


Vous l’aurez bien sur deviné, il s’agit de la monnaie locale et nous partons donc à la recherche du DAB indiqué par la charmante responsable de notre guesthouse. Nous n’avons que quelques centaines de mètres à parcourir pour y parvenir.






Les maisons du quartier résidentiel où nous nous trouvons sont entourées de hauts murs surmontés de barbelés électrifiés. Toutes les habitations ont l’air d’être gardiennées. Ambiance (cela rappelle à Kim quelques souvenirs d'Afrique). Il en est de même pour la mini-zone commerciale où se trouve la banque. L’entrée de ce complexe est gardée par des vigiles armés et les sacs sont vérifiés à l’entrée comme à la sortie. Nous passons même par des détecteurs de métaux. Cela surprend toujours un peu.


Pour autant nous ne nous sentons nullement en insécurité.


Antigua n’étant qu’à une heure de la capitale, nous tentons l’aventure du bus public (le fameux "chicken bus"). Le couloir central séparant les banquettes de 2 et 3 passagers est réduit à sa portion la plus congrue : nous pouvons à peine y marcher de face. C’est donc avec difficultés que nous parvenons à prendre place au fond du bus avec nos bagages. Nous choisissons la banquette de droite, celle pour 3 passagers. En même temps, nous n’avons pas vraiment le choix, c’est la seule qui reste ! Cette banquette suffit juste à nous contenir avec nos sacs. Kim a d’ailleurs une fesse qui déborde dans le couloir.




Il est de toute façon impossible de hisser les bagages sur le toit ou de les laisser dans le couloir, vue la largeur de celui-ci. Nous partons le cœur léger sur les routes de montagne chaotiques. La sympathique musique hispanique est entraînante et nous rappelle notre voyage en Equateur, tout comme ces vendeurs de confiseries ou autres gourmandises qui profitent des pauses du bus pour proposer leurs marchandises et en redescendre un peu plus loin.


Entourée par de majestueux volcans, la ville d’Antigua est une adorable ville coloniale aux maisons multicolores.


Il fait bon s’y promener et découvrir ses églises et couvents, ses maisons aux patios dissimulés à la vue des passants, ses restaurants, ses bars et ses cafés toujours très joliment décorés (même Mac Do s’est installé dans une ancienne demeure coloniale et bénéficie d’un étonnant jardin), et même ses boîtes de nuit. Qui aurait pu croire que l’on pouvait ainsi trouver autant de charmes au Guatemala ? Nous en sommes les premiers surpris et l’endroit nous plait tellement que nous décidons d’y rester cinq jours.





Au cours de nos flâneries nous découvrons un lieu étonnant : un couvent restauré aujourd’hui transformé en hôtel, restaurant, centre de conférences, salle de fêtes, musée et boutique. Le tout dans un cadre exceptionnel. L’une des expositions proposées retient tout particulièrement notre attention. Il s’agit d’une très intéressante confrontation entre art maya et art moderne. L’art ayant toujours puisé sa source dans les représentations humaines et animales, l’exposition a choisi de réunir des œuvres reprenant cette thématique et que plusieurs siècles séparent.


Et les œuvres les plus modernes ne sont pas toujours celles que l’on croît…


Entourés que nous sommes par les volcans, nous décidons de partir à l’ascension du Pacaya, toujours en activité. Après avoir loué nos bâtons de pèlerins auprès des enfants du village point de départ de la balade (location indispensable pour la grimpette et la marche au bord de la lave), nous partons pour une montée de 3 km à travers la forêt, toujours suivis de près par les « chevaux-taxis-balais » prêts à prendre en charge les marcheurs défaillants.





Quand enfin nous apercevons la montagne sur les flancs de laquelle plusieurs rivières de lave s’échappent un peu comme du sang coulerait de plaies béantes, notre cœur se met à battre. Nous nous approchons peu à peu de la terre noircie par la lave écoulée depuis des années et commençons à marcher sur cette roche friable et pointue.


Quelle n’est pas notre surprise de constater que nous sommes juste au-dessus de la lave en fusion.


La chaleur commence à monter de la terre, bien vivante sous nos pieds. Tant et si bien que la paire de chaussures achetée par Kim à Hong Kong en reste collée au sol, la semelle littéralement fondue ! Cela ne l’empêchera cependant pas de reprendre la route du retour. La nuit tombant peu à peu, le contraste entre la lave et l’obscurité est saisissant ; un nuage rougeoyant s’élève dans le ciel sombre, ajoutant à la magie du lieu.


Quelle expérience inoubliable.


Notre séjour à Antigua est aussi pour nous l’occasion de découvrir un documentaire relatant l’incroyable périple des immigrants d’Amérique centrale vers les Etats-Unis. Du Honduras, du Nicaragua, du Salvador ou du Guatemala, ils sont des milliers – hommes, femmes et même enfants – à tenter chaque jour de toucher du doigt le « Rêve américain ». Car c’est bien de cela dont il s’agit. Sans emploi ou sans salaire suffisant pour espérer posséder un jour leur propre maison ou payer l’école secondaire (sans même parler d’études supérieures) à leurs enfants, ils sont prêts à se sacrifier et sacrifier leur vie pour offrir un avenir meilleur à leurs proches.




Du courage, de la détermination, de la foi aussi, il en faut pour surmonter toutes les épreuves qui les attendent sur ce long chemin. Si traverser les frontières menant au Mexique ne semble pas présenter de difficultés - elles ressemblent à de véritables passoires – le plus dangereux réside bel et bien dans la traversée du territoire mexicain, véritable « champ de mines » pour ces malheureux.





Le documentaire évoque le chiffre incroyable de 80% du racket qui serait effectué par la police mexicaine lors des arrestations sur leur territoire. Par ailleurs, il faut savoir que les Etats-Unis tentent de repousser plus au sud le contrôle de l’immigration clandestine chez eux et mettent une très forte pression sur le Mexique pour stopper le flux de migrants.




Enfin, les attaques de véritables bandes organisées de « pirates terrestres » sans limite aucune, ou encore les mutilations causées par le train de marchandises allant du sud du Mexique aux Etats-Unis et sur lequel les migrants tentent de grimper pour traverser le pays, représentent les ultimes dangers à affronter.





Certains y perdront la vie ou l’usage de leurs membres, perdant ainsi bien plus que les quelques dollars économisés pour ce terrible voyage. Pour ceux qui parviendront finalement aux Etats-Unis, rien n’est gagné puisqu’une partie de la population frontalière s’est organisée en véritable milice pour pourchasser les immigrants sans papiers. Equipés et armés jusqu’aux dents, ils patrouillent jour et nuit afin de débusquer les fuyards et les remettre, rigolards, à la police.




Que de questions posées par ce film et l’exposition de photos qui l’accompagne. Sans conteste, les Etats-Unis et le rêve qu’ils portent sont toujours vivaces dans l’esprit des plus démunis. Mais ce rêve qui a porté tant de générations et qui a fondé ce pays n’est-il pas en train de se refermer en même temps que ses frontières ?




Comment aider ces populations à continuer à vivre décemment chez elles puisqu’il est évident que la majorité d’entre elles ne décident de partir que contraintes et forcées ? Que faire au vu des règlementations commerciales internationales qui peuvent pénaliser les productions de certains pays (les négociations sans fin à l’échelle mondiale pour les productions de la banane ou du café, et les subventions qui leur sont associées, ne sont que trop connues) ?



Que faire au vu de la globalisation des échanges qui peuvent faire disparaître des activités locales au profit de productions moins onéreuses et donc réduire les opportunités d’emplois ou encore maintenir un niveau de rémunération anormalement bas (à l’exemple de cette entreprise familiale du Nicaragua de production de mil menée à la faillite par la concurrence d’un produit mexicain) ?





Comment donc jauger les parts de responsabilité des pays occidentaux, des instances internationales ou encore des entreprises ? Et pour le monde de demain, comment permettre aux enfants d’accéder à l’éducation et offrir l’espoir d’un avenir plus souriant à toutes ces populations ?





Enfin qu’en est-il de ceux qui réussissent à s’installer aux Etats-Unis ? Clandestins, ils tentent de trouver des petits boulots. Vivent-ils vraiment un rêve ? Pour la majorité d’entre eux, on peut en douter. Cela ne les empêchera pourtant pas de cotiser à une assurance santé américaine dont ils ne pourront jamais avoir le bénéfice et d’exporter chaque année plusieurs milliards de dollars dans leurs pays d’origine. Une manne pour l’économie de ces pays (dont il s’agit bien souvent d’un des premiers revenus) et surtout pour leurs familles.





Que dire finalement de cette dernière remarque du documentaire : « pourquoi les Etats-Unis voudraient-ils tarir la manne d’une main d’œuvre peu chère, corvéable à merci et qui ne pourra revendiquer aucun droit » ?



Céline et Kim

PS : les opportunités de logement ne manquent pas à Antigua, mais nous pouvons vous conseiller La Casa de Don Ismael qui est très bien située. Les chambres, quelconques, sont plus agréables à l'étage. Très bon point pour les "panqueques" maison servis au petit-déjeuner.

lundi 5 novembre 2007

# 92 - ETATS-UNIS : CONCLUSION


# 92 - ETATS-UNIS : CONCLUSION

Notre voyage du 12 octobre au 5 novembre 2007 : Hawaii (O’ahu, Big Island, Kauai), San Francisco et New-York.

Après avoir vu un très petit échantillon des Etats-Unis à travers deux des principales villes de la côte Ouest et de la Côte Est, ainsi que ses îles tropicales avec Hawaii, nous retiendrons de ce vaste pays qu’il est le pays des extrêmes et des paradoxes, plus que tout autre.

Les restaurants gourmets ainsi que les produits alimentaires les plus fins y côtoient les pillules ´muscles´ exhibees fierement dans de larges vitrines. Les vins californiens – adossés pour certains aux grands noms viticoles français – les plus fins y côtoient certains cafés sans saveur encore servis au litre. La vivacité de « L’American dream » pour un grand nombre d’immigrés et de candidats à l’immigration y côtoie un durcissement sans cesse croissant de l’acceptation de nouveaux entrants. Les libertés de parole, de pensée et de la presse y côtoient une législation contraignante et pléthorique. La population la plus ouverte d’esprit y côtoie des résidents pleins d’a priori et au sens critique ténu envers leur Administration. Le côté extraverti et une réelle liberté des mœurs comme avec la lesbian & homosexual Church de San-Francisco y cotoient le puritanisme américain le plus classique. Le prix nobel de la paix de Al Gore et les revendications environnementales d’une partie de la population y côtoient les 4x4 les plus imposants au monde, dotés de V8 assoiffés d’un carburant au prix non dissuasif (deux fois moins cher qu’en France). Enfin, l’excellent sens du service, toujours mis en avant, y côtoie désormais un service minimaliste induit par la course à la réduction des coûts, notamment, dans le transport aérien.
De pays phare et leader du vingtième siècle, on peut se demander dans quelle mesure les Etats-Unis ne sont pas en train de se faire distancer, notamment par les pays asiatiques, dans un certain nombre de domaines. Il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui tout y semble toujours possible, plus que partout ailleurs, et la réussite - au sens occidental du terme - accessible à tout un chacun pourvu qu’il fasse preuve de volonté et de détermination.
Un modèle que beaucoup tentent de suivre ou, au contraire, critiquent ouvertement. En tout cas un modèle en tant que tel. Et qui ne saurait laisser indifférent.

Les sites à ne pas louper pour un touriste (classés par ordre chronologique) :
- Le coucher du soleil et la contemplation céleste sur le Mauna Kea (Big Island),
- L’incroyable promenade dans la vallée encaissée de Waipio (Big Island)
- L’intéressant parcours dans le parc volcanique de Big Island
- La découverte de la Na Pa Li coast et la marche autour de la vallée de (Kauai)
- La vue incroyable sur le canyon de Waimea (Kauai)
- Le charme du Golden Gate bridge, des maisons victoriennes et du cable car de San Francisco,
- Le gigantisme et la démesure de la ville aux gratte-ciels les plus anciens du monde (New-York).

Transport : Une voiture est indispensable sur les îles de Hawaii. Nous ne le répèterons jamais assez, les transports publics ne sont décidément pas la panacée dans les îles. Attention à la note finale qui, une fois les taxes et les assurances incluses, peut se révéler plus que salée par rapport au devis initial. A San Francisco le réseau de transports en commun (bus, métro, cable-car) est très efficace, contrairement aux autres villes de la côte Ouest d’après ce qu’on nous en a dit ; à New-York, lorsque ceux-ci s’avèrent insuffisants, les fameux taxis jaunes sont là pour vous servir à toute heure du jour et de la nuit. Pour parcourir les distances gigantesques sur le continent, l’avion semble le plus approprié sauf si vous ambitionnez de faire un tour du monde des Etats-Unis.

Logement : Comme dans tout pays développé l’hébergement est cher. Cependant, avec un taux de change favorable (merci l’EURO fort à 1,45 USD pour 1 EUR), il est possible de trouver une chambre à très bon rapport qualité-prix. Sur les îles d’Hawaii, nul besoin de fréquenter les grandes chaînes internationales, les Bed & Breakfast pourront combler tous vos désirs.

Restaurant : Là c’est très très variable… Nous en avons déjà parlé à maintes reprises, ce n’est pas pour cela que vous viendrez aux Etats-Unis. Quoi que. Nous avons goûté les meilleurs burgers de notre vie sur l’île de Kauai (et ce n’était pas dans une chaîne de fast-food), nous avons dégusté une délicieuse cuisine asiatique à San Francisco (bien plus variée que celle proposée en France), et eu quelques bonnes surprises culinaires à New-York.

Langues : Where is Brian ? Brian is in the kitchen ! (Pour ceux qui apprécient l’humour de Gad Elmaleh). Et oui, ici, tout le monde parle anglais… enfin, américain.

Modes de paiement : Ici c’est le règne de la carte bleue ! Vous n’aurez donc aucun problème à retirer de l’argent ou à payer directement avec votre carte. Attention néanmoins aux Distributeurs Automatiques de Billets qui peuvent prélever une commission lors du retrait ; mieux vaut donc chercher ceux qui ne vous chargent pas de frais en plus de ceux de votre propre banque. A noter que les Travellers chèques libellés en USD peuvent être très utiles pour faire des retraits en cash, mais aussi en tant que moyen de paiement auprès des hôtels ou restaurants qui les acceptent pratiquement tous.

Bagages & lessive : Les Bed & Breakfast et hôtels proposent en général des services de laverie ; sinon les laveries automatiques sont également faciles à trouver.


Notre prochaine étape : le Guatemala

Céline et Kim

dimanche 4 novembre 2007

# 91 - NEW YORK - French Connection

# 91 - NEW YORK - NEW YORK – 4 novembre 2007 – French Connection

Pour notre trajet nocturne de San Francisco vers New York nous sommes plutôt chanceux. L’avion étant loin d’être plein, nous pouvons squatter chacun trois fauteuils pour dormir. Opération facilitée par notre positionnement stratégique au fond de l’appareil. Plus on est près du fond, plus vite on peut investir la place après le décollage.







Nous n’étions en effet pas les seuls à convoiter ces lits inespérés. Par contre nous ne sommes décidément pas fans du service offert sur les compagnies américaines. Où sont donc les belles hôtesses asiatiques et le merveilleux service qu’elles offrent ?





Là tout est payant, du casque audio au sandwich en passant par la boisson. Pas même un oreiller pour passer la nuit ; heureusement que nous avons les nôtres. On se demande d’ailleurs bien à quoi sert le personnel commercial naviguant, à part lire leur magazine au fond de l’appareil, nous n’avons pas vu les hôtesses faire grand-chose…


Arrivés de bon matin sous le soleil de New York, nous choisissons de prendre une navette pour rejoindre Manhattan.


Après trois coups de fil de relance passés par une Française en charge de l’information des personnes arrivant à l’aéroport, notre minibus arrive enfin avec presque une heure de retard. Fort peu agréable, notre chauffeur nous récupère pour s’arrêter au bout de quelques instants dans un autre terminal, et disparaître.




Est-il parti acheter un café au Starbucks du coin ? Cherche-t-il désespérément quelque autre passager égaré dont il aurait la charge ? Nous ne le saurons jamais puisqu’il remontera un quart d’heure plus tard dans le véhicule, sans nous donner la moindre explication. C’est donc au son des informations de la radio colombienne que nous rejoignons la « grosse pomme » ; d’ailleurs si quelqu’un sait pourquoi la ville est surnommée ainsi, cela nous intéresse !


Vu le temps clément et le beau ciel bleu, nous partons vite en expédition.

L’avenir nous confirmera bien vite que ce choix était des plus opportuns.

Bref, nous en profitons.

En ce 31 octobre, c’est la soirée d’Halloween. Etonnamment, les rues sont bien moins décorées qu’à San Francisco. Y a-t-il vraiment une fête ici ? Oh que oui !! Nous arpentons le pavé dans Greenwich village où se tient la parade. La foule est dense et compacte.




Pratiquement tout le monde est déguisé. Mais pas en monstres, fantômes ou autres spectres comme on pourrait le croire. La majorité des déguisements est en fait plus proche de ce que l’on pourrait voir lors du carnaval, à ce détail près que les femmes semblent avoir une certaine prédilection pour les costumes de soubrettes, bunnies ou autres tenues légères. Il faut avouer que selon les cas le résultat est plus ou moins réussi, plus ou moins de bon goût aussi… Mieux vaut être là pour en juger soi-même !




Avant de nous engouffrer dans un métro bondé comme à Paris un soir de 14 juillet, nous prenons un verre dans une taverne en sous-sol. La fête bat son plein sous les toiles d’araignées et les citrouilles. L’ambiance est festive et bon enfant. Ce sera l’occasion, à plus de 32 balais, d’avoir à exhiber notre passeport au videur du bar chargé d’écarter certains des trop jeunes étudiants de la gigantesque NYU voisine (New-York University).




On fait vraiment si jeune que ça ??

Que ce soit dans le métro ou dans la rue, nous avons l’occasion de voir de superbes spectacles. Le public est nombreux à applaudir les artistes de rue qui sont de vrais professionnels quand on voit la qualité de leur prestation. Devant le Metropolitan Museum of Art nous assistons à une représentation d’acrobaties pleine d’humour et d’échanges avec le public massé en nombre sur les marches.








C’est vrai : ici tout semble possible ! Ceci nous est d’ailleurs confirmé lors de la visite de la tour Rockfeller. Car si cet édifice a été bâti au début des années 30 au moment de la dépression c’est bien parce que Rockfeller a eu l’intime conviction que l’Amérique allait se relever !





C’était tout de même une époque où plus personne ne lançait le moindre projet vu la situation économique. En employant 75.000 personnes pour la construction de cette tour majestueuse, en y logeant les start-up de l’époque, en créant une salle de spectacle, etc…, cet homme visionnaire a donné corps à la confiance inébranlable que les Etats-Unis portent toujours en eux.





On comprend mieux, dans ce contexte, d’où les Américains tirent leur fierté d’appartenance à leur nation et à l’incroyable (quelquefois excessive ?) confiance qu’ils ont en eux et en leur système.


Le temps tourne vite au froid et il convient d’entrecouper les promenades extérieures par des pauses réconfortantes.


Quoi de mieux donc que visiter le Metropolitan ? La conception et l’organisation de ce musée sont étonnantes, et c’est un réel plaisir de passer de salle en salle. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il ne s’agit pas seulement d’exposer des objets ou toiles derrière une vitrine. Chaque œuvre est mise en situation, et donc en valeur.






Comme ce temple égyptien installé sous une verrière et au bord d’un plan d’eau, comme ces meubles français installés dans une pièce comme ils le seraient dans un château du XVIIe siècle, ou encore comme ce patio d’une maison chinoise qui donne l’impression de se promener aux confins de l’Asie.




Assurément cette conception du musée donne envie de le visiter.

Du haut de notre bus impérial (il faut bien jouer aux vrais touristes de temps en temps), nous nous transformons peu à peu en glaçons. Difficile de se ré-acclimater au froid surtout lorsqu’on n’a pas vraiment l’équipement adéquat. Heureusement que nous avons toujours nos fidèles couvertures indiennes !! En passant dans Washington Square, nous nous approchons d’un attroupement de quelques centaines de personnes.




Les manifestants réclament de vraies mesures à même de réduire les gaz à effet de serre. Les élections présidentielles ne sont plus très loin et le prix Nobel d’Al Gore semble stimuler les esprits. Sont réunis pêle-mêle dans le jardin des politiques, des étudiants, des musiciens, des protecteurs du square apparemment menacé, et même une communiste révolutionnaire qui tente de vendre une publication !


Quoi qu’il en soit la prise de conscience semble réelle.




Il n’est qu’à voir le nombre de publicités à but éducatif vantant les mérites des économies d’énergie. Signe d’un changement de mentalités ? Espérons-le, car sans les USA il y a fort à craindre que les efforts des signataires des Accords de Kyoto ne soient vains. Par ailleurs dans chaque pays traversé on nous a conté les méfaits du changement climatique : absence de pluie en Inde ou au Laos, neige en Colombie, inondations au Mexique…





Les exemples sont malheureusement nombreux. Il est temps d’agir.

En ce long week-end du 1er novembre pour les Français, New York semble littéralement prise d’assaut. Partout nous entendons parler Français ! Le taux de change extrêmement intéressant en ce moment expliquerait-il ce véritable engouement ou est-ce pour participer au Marathon ? (en tout cas nous, nous avons decide de ne pas courir, bravo a Lili et Ced pour leur perspicacite ; de tout façon nous ne pouvions pas, nous avions un avion a prendre. Et toc !).






Déjà que les enseignes de mode et les restaurants nous donnent bien souvent l’impression d’être de retour à Paris… C’est même l’occasion, à la croisée des chemins, de rencontrer une connaissance et de la saluer en français. Le monde est décidément bien petit, nous nous en apercevons tous les jours !






Céline et Kim

PS 1 : Un bon hotel dans Midtown pour un prix raisonnable (pour NY) cela ne se refuse pas : l hotel Deauville a l angle de la 29eme rue et de Park avenue.
PS 2 : Un coup de chapeau a la liberte d expression made in USA. Un tel ouvrage politiquement incorrect aurait-il voie de chapitre en France ?...