samedi 20 octobre 2007

# 88 - BIG ISLAND – Le feu sous les étoiles



#88 - BIG ISLAND – 20 octobre 2007 – Le feu sous les étoiles


Les vagues, les surfeurs, les chemises hawaiiennes, la douce mélodie du ukulele, que sait-je encore, ah oui, Magnum, sa légendaire moustache et sa Ferrari rutilante… Voilà bien ce à quoi vous pensez lorsque l’on vous parle de Hawaii. Que nenni, que nenni.



On vous aurait donc menti ?

Non, car cela existe aussi, plutôt du côté de l’île d’O’ahu, mais ce n’est assurément pas ce que l’île d’Hawaii, aussi appelée Big Island car… la plus grande de l’archipel (on s’en serait bien un peu douté), propose. Ici, nous sommes plongés dans un bain de nature avec tout ce qu’elle a de plus beau à nous offrir.

L’océan bien sûr avec quelques jolies plages, bien loin tout de même de celles des îles thaïlandaises ou calédoniennes.


Des paysages étonnamment diversifiés aussi, qui passent d’une espèce de steppe en permanence léchée par le vent marin à une forêt tropicale extrêmement dense parsemée de cascades. Tout ceci expliqué par des climats surprenants avec le soleil d’un côté de l'île, et la pluie en quantité de l’autre.



Mais la spécificité de Big Island tient surtout en son volcan toujours en activité et son observatoire qui permet d’admirer la voûte céleste dans l’un des ciels les plus purs de la Terre, à 4000 mètres d’altitude.



C’est ainsi que, du haut du Mauna Kea, nous passons toute une soirée à contempler les étoiles grâce aux télescopes mis à notre disposition par des astronomes amateurs, mais surtout passionnés.




Un peu réfrigérés par l’altitude de cette montagne imposante (on peut même faire un peu de ski en hiver…), nous profitons de ce moment exceptionnel pour découvrir les cratères de la Lune ou encore les trois lunes de Jupiter.

Cette montagne est aussi un lieu étonnant pour admirer le coucher de soleil, juste au-dessus d’une mer de nuages qui n’ose jamais venir chatouiller le sommet.

Il est presque 18 heures et il fait près de zéro degrés lorsque les chauds rayons orangés et rouges viennent nous éclairer, installés que nous sommes au pied des télescopes internationaux. Fatigués par le manque d’oxygène, et un peu gelés aussi, nous redescendons vite vers la vallée dans le 4x4 loué par un couple de New Yorkais qui a nous a pris en stop. Quelle magie !

L’autre magie, c’est celle du Mauna Lea qui ne cesse de déverser sa rivière de lave depuis 1983, non sans conséquences puisque certaines villes ont été détruites.

D’autres volcans ont œuvré depuis des millénaires pour créer et agrandir cette île dont de nombreuses plaines lunaires ne sont que des champs de lave noire. Il est facile d’aller observer leurs cratères, leurs vapeurs d’eau chaude ou de souffre qui se dispersent toujours dans l’air, leurs tubes de lave semblables à des grottes…


Des paysages hors du commun qui nous rappellent les origines de notre belle planète et son activité incessante.

On pourrait presque l’oublier, Hawaii ce sont avant tout les Etats-Unis, et une culture bien différente de la nôtre. Ce qui frappe avant tout, c’est la chaleur des habitants et de l’accueil.




Où que nous allions, nous sommes toujours gratifiés d’un salut amical et l’on nous demande toujours d’où nous venons. Indéniablement, le fait de faire autant de kilomètres pour visiter ces îles surprend, et fait plaisir aussi.




Dans les restaurants le service est toujours impeccable et les serveurs prennent toujours le soin de demander aux clients si tout se passe bien.



Dommage que ce qui se trouve dans les assiettes ne soit pas à la hauteur de ce service. Car à part les burgers et les sandwiches nous nous demandons bien ce qu’il est possible de manger ici. Mexicain ? Japonais ? Italien ?


Oui, le tout dans des proportions à faire fuir un ogre et avec moult graisse et fromage.

Et quand nous nous jetons sur des produits labellisés français dans les supermarchés (le Brie Président, ça peut tenter en de pareilles circonstances), nous tombons des nues en découvrant un fromage insipide caché dans une boîte de conserve semblable à une boîte de thon…




Et c’est censé représenter la cuisine française ? On imagine la surprise d’un Américain se retrouvant avec un Brie coulant et odorant dans un restaurant parisien…

Après la cuisine de la Calédonie le choc est rude.


Mais comme il faut un mal pour un bien, nous avons enfin trouvé la solution pour garder la ligne ! Ne pas manger ! Car finalement, dans un lieu où Mac Do se targue d’avoir été élu l’un des meilleurs restaurants américains de l’île, on peut facilement se mettre à la diète.



Ce que ferait d’ailleurs bien de faire la population locale car obésité et surpoids ne sont pas des maux vides de sens ici. Nous finirions presque par nous trouver hors norme avec nos gabarits européens.



Tout le monde mange tout au long de la journée et abuse des sodas et des chips, et ce quel que soit l’âge. Ce que nous avions commencé à entrevoir en Australie est une réalité ici.


Est-il encore possible d’inverser la tendance ?

L’éducation à la nutrition ne semble malheureusement pas évidente dans un pays où l’alicament est tellement la base de l’alimentation qu’il est impossible de trouver un produit non modifié.




Ainsi, une fois le lait débarrassé de sa graisse et de son cholestérol, pasteurisé à ultra-ultra-haute température, et rechargé en vitamines et oligo-éléments, il peut être consommé sans risques.


Sans risques ?? On finit par se demander… Et sans parler du goût sans goût qu’il en résulte. Pourvu que cette folie ne nous gagne pas et qu’il soit toujours possible de trouver des produits non transformés chez nous…


En tous cas, nous sommes bien peu inspirés par la mal-bouffe locale.


Nous serons bien les seuls à en maigrir…


Nous repensons donc avec un peu de vague à l’âme à nos petits plats indiens, vietnamiens ou français, mitonnés avec tant de soin à quelques milliers de kilomètres d’ici !


Céline et Kim



PS : Pour séjourner dans les îles hawaiiennes, nous vous conseillons les Bed & Breakfast qui offrent de bonnes prestations pour des prix intéressants (tout en sachant qu'il s'agit tout de même des USA, mais avec le taux de change actuel...).



Nous vous en conseillons deux : « Aaah, the views » à Waimea et « The edge of the world » à Captain Cook, deux très bonnes adresses où les chambres sont vraiment très belles et ce pour des prix raisonnables pour la zone américaine.




dimanche 14 octobre 2007

# 87 - WAIKIKI (ILE D’O’AHU) - Le voyage le plus long




# 87 – WAIKIKI (ILE D’O’AHU) – 14 octobre 2007 - Le voyage le plus long

Quel voyage épique pour parvenir à Hawaï, sans nul doute le plus long de notre tour du monde (quoi que l’avenir nous réserve peut-être encore quelques surprises), et ce à plus d’un titre. Entre problèmes techniques, grève surprise, attente interminable dans des aéroports et une journée de 45 heures, tout devait concorder pour nous mijoter un voyage inoubliable…

Par quoi commencer ? Ah, le problème du train d’atterrissage de l’avion faisant la liaison Osaka-Nouméa. Dès la fin du mois de septembre nous sommes informés de ce problème clouant l’avion d’Air Calin (quel joli nom) au Japon, a priori pour une bonne semaine.




Tout doit donc être résolu pour notre départ pour Hawaii via Osaka, mais finalement cela n’est pas le cas et nous nous retrouvons au dernier moment re-routés sur le vol partant le lendemain de notre départ théorique. Un jour de plus à Nouméa donc, ce qui nous permet aussi de profiter un peu plus longtemps de nos proches.


Mais la veille de notre décollage prévu à 1h30 du matin, patatras, nous apprenons qu’une grève générale (en réponse à la visite d’un officiel du gouvernement français) doit se déclencher à… 0h00 ! Les transports aériens seront-ils concernés ? Aurons-nous le temps d’enregistrer ? Et de décoller ???


Vu l’optimisme sur place nous ne nous faisons pas trop de soucis et nous enregistrons normalement.



Mais à l’heure d’embarquer dans l’avion un message nous informe que la grève ne nous permet pas de partir… Les esprits commencent à s’échauffer un peu dans l’aérogare, surtout que certains passagers ont déjà passé 4 jours imprévus à Tokyo pour venir à Nouméa, et ce à cause du problème technique de leur vol en provenance d’Osaka…

Nous patientons donc dans l’attente des messages d’information qui mettent un peu de temps à nous parvenir. Certains discutent, d’autres dorment. Nous ne sommes pas très optimistes quant à notre départ et, à part les touristes japonais, tout le monde s’inquiète pour sa correspondance.


Contre toute attente, vers 4h du matin, nous apprenons que les gendarmes ont délogé les quelques grévistes, que le plein de l’avion a pu être fait, que nos bagages sont à bord et que nous pourrons partir vers 5h30.


Inutile de dire que c’est le soulagement général dans l’aérogare.

Contrairement aux voyageurs à destination de Paris, dont l’avion a d’ailleurs attendu ses passagers avant de décoller, notre correspondance à Osaka est très longue. Après avoir quitté Serge qui poursuit sa route vers la métropole, nous prenons notre mal en patience durant une bonne dizaine d’heures avant de décoller pour Honolulu. Heureusement que ce vol là n’a pas de retard ! Magie du changement de date.

En partant le 12 octobre de Nouméa, en attendant presque 15 heures dans deux aéroports d’Asie-Pacifique et en effectuant deux vols de 8 heures chacun, nous arrivons à Waikiki le… 12 octobre au matin. Une journée de 45 heures cela a tout de même de quoi étonner !


Cela ne nous empêche cependant pas d’avoir perdu une journée sur notre calendrier prévisionnel… Et vu notre état de fatigue après un tel voyage, nous ne voyons finalement que peu de choses de cette ville réputée pour sa plage.

Ne bénéficiant que d’une journée sur place avant de partir pour d’autres îles, nous nous promenons tout de même dans cette cité très bétonnée il est vrai, mais plutôt jolie. La plage de Waikiki – Waikiki est donc le nom de la plage de la ville de Honolulu de l’île d’Oha'u dans l’archipel des îles Hawaii : ouf ! il fallait le savoir – nous déçoit un peu par sa taille et surtout par son affluence qui rappelle celle de la Côte d’Azur en été. Qu’est-ce que cela doit être durant la saison touristique !

Compte tenu des migrations successives destinées à exploiter la canne à sucre, la population hawaïenne est aujourd’hui essentiellement blanche et asiatique. La population maori qui a peuplé originellement les îles hawaïennes, après avoir quitté la Polynésie (Tahiti et Iles Marquises) sur des pirogues, est désormais peu importante. D’où sans nul doute l’omniprésence des références à Tahiti qui a mieux su préserver sa culture traditionnelle qu’Hawaii.




Musiques, chants, danses, tatouages tribaux, costumes traditionnels, tout est un rappel de Tahiti. Il est vrai que le retour à la culture traditionnelle et à l’histoire d’Hawaii ne datent que des années 1970 et que les premiers diplômes supérieurs de langue locale n’ont été délivrés qu’au début des années 2000.

C’est à 5h45 du matin que la navette pilotée par un chauffeur vietnamien, bien déçu de ne pouvoir parler dans sa langue natale avec Kim, nous conduit de nouveau à l’aéroport. Décidément, c’est qu’on y passerait notre vie ! Direction Big Island et la magie de ses paysages, mais chut, cela, nous vous le raconterons dans un tout prochain post…


Céline et Kim